Precedente SommaireSuivante

sommaire Cours Anciens ] [ sommaire Bibliothèque ]

- Cours anciens -
Cours de théologie morale : la Charité --- Auteur : P. Michel LABOURDETTE op


      Article 9 — Est-il nécessaire de donner à un ennemi des signes efficaces d'affection ?

Annotation

Cet article et le précédent contiennent les principes de ce que déterminent les traités de morale pratique sur le précepte de l'amour des ennemis et le pardon des injures. Pour la confession, reportez-vous, par exemple, à Merkelbach I, p. 684-689 ou Prümmer, I, p. 412-418.

[98] Vous n'y trouverez rien qui ne se déduise de ce qui est ici enseigné, avec, comme toujours quand on s'approche d'une certaine casuistique, l'impression désagréable d'un enseignement un peu matérialisé. Vous trouverez néanmoins de bons et nécessaires conseils sur la prudence qu'il faut garder, par exemple pour exiger une réconciliation ouverte, etc...

C'est que, d'une part, dans ce qui se présente comme une situation d'inimitié, peuvent se trouver engagées des questions qui ne sont pas purement personnelles. Il peut y avoir à sauvegarder des intérêts de justice ou de vérité, ou d'honneur d'une collectivité, que ne sauverait pas un pur et simple pardon des injures. Il est trop facile de pardonner des injures faites à d'autres...

D'autre part, tel acte précis qui, en sa matière même est un acte de perfection, ne peut pas être imposé à n'importe qui n'importe quand. On ne peut obliger quelqu'un à ce qui, dans cette situation concrète, reste pour lui un conseil, i. e. une initiative qui n'est pas exigée par la charité. En tout cas, cette perfection ne tombe sous le précepte que comme une fin, non comme une matière immédiatement requise.

Mais ce qu'il faut toujours exiger, c'est que le cœur s'élève au-dessus des conflits, même de ceux qu'on n'a pas, du moins encore, les moyens d'apaiser ; qu'il sache garder, ou retrouver, une véritable bienveillance et être prêt à une bienfaisance efficace pour le cas où la nécessité s'en présenterait : « Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger »...

        Les Anges

Malgré ce qui nous sépare d'eux, les pécheurs et nos ennemis communient avec nous dans la même nature humaine, capable de partager la béatitude divine. Mais les esprits purs nous sont tout à fait étrangers. Ce sont bien des personnes, mais d'un monde qui n'est pas le nôtre. Devons-nous les aimer en charité ? Peut-on les appeler notre « prochain » ? Une distinction obvie se présente aussitôt, qui dédouble notre problème, celle des bons anges et des démons.


© Copyrights DOMUNI 1999 - tous droits réservés
www.domuni.org

Precedente SommairehautSuivante