- Cours anciens -
Cours de théologie morale : l'Espérance --- Auteur : P. Michel LABOURDETTE op
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La crainte mondaine, telle que la définit ici S. Thomas, trouve sa réalisation pour ainsi dire éminente, et la plus grave, dans les cas où la perspective de perdre un avantage temporel, fût-ce la vie, conduit soit à refuser l'assentiment de foi, soit à le renier en apostasiant. Mais elle est bien loin de se réduire à cela. Elle a une forme courante, partout présente et dangereuse, fût-ce dans les monastères où l'on veut être le plus loin du « monde » : c'est ce que la conscience chrétienne appelle le « respect humain ». On entend par là la crainte d'être diminué dans l'estime d'autrui, à raison de quoi on omet ce qu'on aurait cru devoir faire (ou on fait ce qu'on aurait pensé devoir omettre) pour le service de Dieu ou le progrès dans son amour. Il y a toujours du respect humain dans les divers conformismes (même pieux), dans ce qu'ont d'un peu grégaire les courants dopinion, etc par où peuvent se trouver contrariés les appels d'une vocation personnelle authentique. En disant que la malice de la crainte mondaine est en ce qu'elle revient à mettre sa fin dans le monde puisqu'on le préfère à Dieu, nous définissons ce péché dans sa réalisation plénière et grave ; ce n'est heureusement pas le cas de tout ce qui s'appelle respect humain, dont la matière peut rester légère. Mais c'est bien de cela que le respect humain est lamorce, par manière de péché véniel. |