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Cours de théologie morale : l'Espérance --- Auteur : P. Michel LABOURDETTE op
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Il ne sera pas difficile de montrer que le désespoir est un péché (art. 1) ; mais comme il implique une fausse appréciation des choses divines, la question se pose aussitôt, pour sa définition même, de savoir s'il est séparable d'un péché contre la foi (art. 2). Annotation 1. S. Thomas ne veut assurément pas dire que tout péché se réduit à une erreur et toute vertu à une science, comme le disait Socrate ; mais qu'il y a en tout péché une erreur de jugement, à raison de quoi le mouvement affectif est mauvais. Nous en avons longuement parlé l'an dernier, et nous savons que la fausseté du jugement pratique, qui règle immédiatement l'affection, est elle-même sous la dépendance des dispositions affectives, car ce dernier jugement est arrêté par la volonté libre. Mais le jugement sur lequel se règle l'espérance relève de la foi ? Ne faudra-t-il pas dire que le désespoir implique toujours une faute contre la foi ? C'est l'objet de l'article 2. 2. Avant d'arriver à cet article, remarquez l'ad primum ; cest à son propos que Cajetan fait le commentaire dont je me suis servi dans l'introduction. Il est bien vrai qu'en distinguant là deux « aversions », Cajetan complique un peu le vocabulaire thomiste ; mais c'est que ce vocabulaire lui-même s'en tient aux termes augustiniens, supposant connues toute l'analyse antérieure du péché et l'acception qui doit être donnée à ces termes dans les divers cas. De toute façon, il est vrai, et c'est le plus frappant, que dans les péchés d'ordre moral, ce qui est premier c'est la conversion à la créature par manière d'adhésion, ce qui infère l'aversion par rapport à Dieu ; dans les péchés d'ordre théologal, au contraire, la conversion à la créature par manière d'adhésion est conséquente. Il y a d'abord un rapport à Dieu ; comme spécifiant l'acte, ce rapport est une conversion à un objet ; mais vis-à-vis de Dieu, c'est en réalité une aversion, « une conversion offensive », c'est-à-dire non par manière d'adhésion, mais par manière d'opposition et d'exclusion ; d'où il suit que Dieu n'est plus notre fin dernière et que celle-ci sera placée dans la créature. Annotation Il y a dans le désespoir, comme dans tout péché, une inconséquence, une erreur. Mais ce nest pas au plan de la connaissance universelle que se place cette erreur (elle peut y être aussi et alors blesser la foi, mais le désespoir comme tel ne l'implique pas), c'est dans l'appréciation du cas particulier. De même qu'on peut savoir très bien la malice de l'adultère, le condamner théoriquement, et néanmoins juger pratiquement hic et nunc que l'adultère qui se présente est la chose la plus agréable à faire pour le moment, de même on peut garder la foi en la miséricorde infinie, la prêcher aux autres, et estimer pratiquement que soi-même on narrivera pas, que les exigences en sont trop lourdes, qu'on ne mérite pas le pardon, etc. |