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Cours de théologie morale : l'Espérance --- Auteur : P. Michel LABOURDETTE op
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La vie théologale n'est autre chose que la vie divine participée dont la grâce sanctifiante est en nous le principe. Essentiellement spirituelle, elle comprend les deux grandes fonctions en lesquelles consiste toute la vie de l'esprit : connaissance et affection. Dans le traité de la foi nous avons vu comment se réalise l'élévation surnaturelle de notre connaissance, du moins sous la forme de cette suppléance provisoire de la vision, nécessaire tant que nous sommes en cette vie : cest bien Dieu même en son mystère naturellement inaccessible à toute créature que nous atteignons par le moyen de sa révélation ; mais sa révélation n'est encore que Parole appelant notre croyance nous sommes a l'école : avant de voir ce quest Dieu et ce qu'il a fait pour notre salut, nous devons commencer par l'en croire, faire crédit à son témoignage. Par là la Vérité Première prend possession de notre intelligence, la rend participante de la connaissance qu'elle-même a de soi. C'est bien, pour parler comme le Concile de Trente, « le commencement, la racine et le fondement de toute notre justification », de toute notre vie de grâce. Mais si ce n'est que le commencement, il y a autre chose. Il n'importe pas moins que Dieu prenne également possession de notre puissance affective pour l'élever aussi à la vie divine. Il ne se présentera plus ici précisément comme Vérité Première, mais comme Bonté souveraine et incréée. Quelles sortes va-t-il susciter en nous ? Elles ne devront pas être moins surnaturelles et moins divines que la connaissance de foi qui les éveille ; elles nous porteront aussi à Dieu en lui-même, en son mystère naturellement inaccessible à tout désir de la créature. Car, non seulement « l'il n'a vu ni l'oreille entendu ce que Dieu réserve à ceux qui l'aiment », mais « ce n'est pas monté en son cur », par le seul effet de la nature et en dehors de l'attestation de l'Esprit de Dieu. Ces affections toutes surnaturelles, comment les comprendre ? Ce ne peut être que grâce à ce que Dieu nous en a dit, puisque seule la révélation nous les fait connaître. La méthode constante de la théologie spéculative pour étudier la Parole de Dieu et pénétrer autant qu'il nous est possible dans l'intelligibilité des mystères, est l'utilisation de l'analogie des réalités créées. C'est que Dieu, pour nous parler, a utilisé les mots de notre langue, des mots qui ont déjà un sens naturel, à travers lequel il nous faut atteindre les réalités transcendantes. Si la paternité n'avait pas une réalisation qui nous fût connue, il aurait été inutile de nous dire qu'il y a en Dieu Paternité et Filiation. Il en va de même pour les dispositions du salut et les grandes exigences de la vie chrétienne. La vie théologale est essentiellement surnaturelle, connaissance et affections reçues et participées de Dieu, mais connaissance et affection vécues par l'homme, connaissance réalisée dans une intelligence d'homme, affections éprouvées par un cur, une volonté d'homme. Nous avons besoin, pour les comprendre, de tout ce que nous savons déjà sur la connaissance humaine, sur la volonté et les grandes attitudes affectives, car la grâce ne vient pas bouleverser la nature ou la changer, mais l'élever et, tout en la « guérissant », la parfaire. Pour analyser la foi théologale, il fallait parler en termes de « vérité », d'adhésion intellectuelle, d'objet et de motif ; il fallait distinguer la croyance d'autres actes de l'esprit tels que la science ou l'opinion etc Pour analyser l'espérance et la charité, nous devrons utiliser le vocabulaire de l'ordre de l'affection et de l'appétit, tel qu'il a déjà été précisé en divers lieux de la Somme, et plus spécialement dans l'étude des actes humains. Je vous présente donc en résumé, et parce qu'elles feront notre vocabulaire constant, un ensemble de notions élémentaires concernant le bien, l'appétit, les diverses réactions affectives.
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