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Fr. Jean-Michel Maldamé, op

L'avent, un temps d'espérance

Avent

Le temps de l’Avent nous prépare à Noël. Il est tout entier un temps d’espérance. Notre espérance ne déçoit pas parce qu’elle est portée par une source pure : la Promesse. Dieu a promis. Espérer que Dieu tienne sa promesse est pleinement raisonnable. Il serait même déraisonnable que Dieu ne tienne pas promesse.

Au commencement, Dieu a promis à Abraham des biens : la terre, la descendance et la bénédiction. Trois domaines essentiels de la vie puisque la vie c’est cela : la nourriture, la santé, l’amour, les enfants, la paix, l’unité entre les peuples. Ces biens sont l’objet d’une promesse parce qu’ils ne sont pas présents. Un tiers de l’humanité présente ne mange pas à sa faim. Ce n’est pas sans lien avec notre avenir. Le travail est d’autant plus précieux qu’il est rare. Des millions de chômeurs et de déclassés n’arriveront plus à pouvoir travailler quoiqu’il arrive. La vie de famille est difficile à cause des conflits, des absences, des démissions, des divorces... Quant à la paix, elle est un rêve. Il y a tant de peuples exilés, déplacés, tant de paysans sans terre.

À cause de ce présent, la parole de Dieu est donnée sous forme de promesse. Aujourd’hui, elle est dite par le prophète Isaïe : « Voici que le Dieu de l’univers préparera un festin pour tous les peuples. Un festin de grand prix, avec des mets de qualité, des vins capiteux » (Is 25, 6). Ne méprisons pas ce langage chaud, coloré, ce serait erreur spirituelle. Notre vérité n’est pas hors de notre corps. Notre désir ne porte pas sur des choses qui sont ailleurs. Il porte sur ce qui est. Il porte sur le corps qui est ouvert à l’esprit et habité par lui.

Considérons le pain. Quand nous désirons du pain, nous faisons un acte spirituel. Le pain n’est pas venu seul sur notre table. Il n’a pas été produit sans peine, sans travail depuis le paysan, le boulanger, le dépositaire... Grâce à un réseau de distribution et de production. Par des machines, par de l’énergie. Par l’intelligence de l’homme. Énergie puisée du sol, mais organisée, comprise, avec intelligence, avec mémoire, avec audace, avec amour.

Désirer le pain est un acte humain qui rencontre tout cela et même davantage. Le désir reconnaît que Dieu a fait l’homme à son image et l’a placé en son œuvre comme maître d’œuvre de la terre à habiter. Bénédiction première qui s’achèvera dans la plénitude d’un grand festin où toutes les nations seront invitées à se rassasier de bonnes choses : de vrai pain, de vrai vin, de mets succulents et non pas comme aujourd’hui encore où tant de peuples sont rassasiés de misère, de disette et de trop de larmes.

Le texte d’Évangile dit l’achèvement de cette promesse. La multiplication des pains (Mt 15, 29-37) associe le pain et la vie. Pourquoi ? Parce que Jésus accomplit la Promesse. Il y a davantage parce que Dieu donne plus que des choses périssables. Il se donne. Il est l’objet de notre désir. Il est notre pain de vie. Jésus multiplie les pains. Il le fait de telle manière que les foules comprennent qu’il vient de Dieu.

Telle est notre espérance. Que les apparences cèdent devant la réalité. Que la vérité de chaque chose apparaisse. Que tout soit transparent et clair. Nos fêtes doivent nous faire goûter la vérité de ce qui est dit et nous devons creuser notre désir. Un jour, nous aurons la surprise de nous entendre dire face à ce que Dieu nous donne : « Je le désirais, mais je ne savais pas que c’était cela que je désirais. » Préparons- nous à recevoir le Don de Dieu.

Jean-Michel Maldamé, op


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- Pour aller plus loin consultez le Dossier spécial "Avent"


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