Au
commencement, Dieu a promis à Abraham des biens : la terre,
la
descendance et la bénédiction. Trois domaines
essentiels
de la vie puisque la vie c’est cela : la nourriture, la
santé, l’amour, les enfants, la paix,
l’unité
entre les peuples. Ces biens sont l’objet d’une
promesse
parce qu’ils ne sont pas présents. Un tiers de
l’humanité présente ne mange pas
à sa faim.
Ce n’est pas sans lien avec notre avenir. Le travail est
d’autant plus précieux qu’il est rare.
Des millions
de chômeurs et de déclassés
n’arriveront plus
à pouvoir travailler quoiqu’il arrive. La vie de
famille
est difficile à cause des conflits, des absences, des
démissions, des divorces... Quant à la paix, elle
est un
rêve. Il y a tant de peuples exilés,
déplacés, tant de paysans sans terre. À
cause de ce présent, la parole de Dieu est donnée
sous
forme de promesse. Aujourd’hui, elle est dite par le
prophète Isaïe : « Voici que le Dieu de
l’univers préparera un festin pour tous les
peuples. Un
festin de grand prix, avec des mets de qualité, des vins
capiteux » (Is 25, 6). Ne méprisons pas ce langage
chaud,
coloré, ce serait erreur spirituelle. Notre
vérité
n’est pas hors de notre corps. Notre désir ne
porte pas
sur des choses qui sont ailleurs. Il porte sur ce qui est. Il porte sur
le corps qui est ouvert à l’esprit et
habité par
lui. Considérons
le pain.
Quand nous désirons du pain, nous faisons un acte spirituel.
Le
pain n’est pas venu seul sur notre table. Il n’a
pas
été produit sans peine, sans travail depuis le
paysan, le
boulanger, le dépositaire... Grâce à un
réseau de distribution et de production. Par des machines,
par
de l’énergie. Par l’intelligence de
l’homme.
Énergie puisée du sol, mais organisée,
comprise,
avec intelligence, avec mémoire, avec audace, avec amour. Désirer
le pain est un acte humain qui rencontre tout cela et même
davantage. Le désir reconnaît que Dieu a fait
l’homme à son image et l’a
placé en son
œuvre comme maître d’œuvre de
la terre à
habiter. Bénédiction première qui
s’achèvera dans la plénitude
d’un grand
festin où toutes les nations seront invitées
à se
rassasier de bonnes choses : de vrai pain, de vrai vin, de mets
succulents et non pas comme aujourd’hui encore où
tant de
peuples sont rassasiés de misère, de disette et
de trop
de larmes. Le
texte
d’Évangile dit l’achèvement
de cette
promesse. La multiplication des pains (Mt 15, 29-37) associe le pain et
la vie. Pourquoi ? Parce que Jésus accomplit la Promesse. Il
y a
davantage parce que Dieu donne plus que des choses
périssables.
Il se donne. Il est l’objet de notre désir. Il est
notre
pain de vie. Jésus multiplie les pains. Il le fait de telle
manière que les foules comprennent qu’il vient de
Dieu. Telle
est notre espérance. Que les apparences cèdent
devant la
réalité. Que la vérité de
chaque chose
apparaisse. Que tout soit transparent et clair. Nos fêtes
doivent
nous faire goûter la vérité de ce qui
est dit et
nous devons creuser notre désir. Un jour, nous aurons la
surprise de nous entendre dire face à ce que Dieu nous donne
:
« Je le désirais, mais je ne savais pas que
c’était cela que je désirais.
»
Préparons- nous à recevoir le Don de Dieu. Jean-Michel Maldamé, op - Pour aller plus loin consultez le Dossier spécial "Avent" version 1.0 - © Copyrights DOMUNI 2007 - tous droits réservés biblio.domuni.org |