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Fr. Michel VAN AERDE, op

Demander la foi

Frère Michel Van Aerde, dominicain

Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean 3,31-36.

Celui qui vient d'en haut est au-dessus de tout. Celui qui est de la terre est terrestre, et il parle de façon terrestre. Celui qui vient du ciel rend témoignage de ce qu'il a vu et entendu, et personne n'accepte son témoignage. Mais celui qui accepte son témoignage certifie par là que Dieu dit la vérité. En effet, celui que Dieu a envoyé dit les paroles de Dieu, car Dieu lui donne l'Esprit sans compter. Le Père aime le Fils et a tout remis dans sa main. Celui qui croit au Fils a la vie éternelle ; celui qui refuse de croire en lui ne verra pas la vie, mais la colère de Dieu demeure sur lui. »

 

Celui qui croit est dans la vie, la vie qui dure, la vie véritable, la vie éternelle, et celui qui refuse de croire, c'est-à-dire qui refuse de faire confiance en la vie, en la source de la vie et d'aimer, ne vit pas encore, est ailleurs, se rate, passe à côté de l'essentiel.

Cette réflexion de Jésus nous renvoie à notre expérience courante et à cette question qui nous habite souvent : pourquoi moi ? Pourquoi pas eux aussi ? Comment donc peut se transmettre la foi ?

Nous rencontrons trois types de gens, il y a ceux qui croient, il y a ceux qui refusent délibérément de croire, qui ne veulent pas adhérer, cela nous ne le savons pas vraiment mais c'est pensable, et il y a tous les autres, ceux qui sont indifférents, ceux qui aimeraient croire mais n'y parviennent pas, ceux qui nous envient pour cette expérience spirituelle, qui aimeraient entrer en relation avec Dieu et qui en sont empêchés.

On nous dit que la foi est un don. Un don que l'on peut refuser, un don que l'on peut accueillir. Mais comment pourrait-elle être aussi un don que l'on ne reçoit pas ? Si la foi est si importante, si elle est absolument vitale pour l'homme, absolument décisive pour son avenir, comment Dieu pourrait-il la refuser à qui la lui demande ?

C'est pourquoi j'invite les personnes qui me confient leur souhait d'une vie spirituelle, leur souhait de vivre la foi... je les invite à la demander. Le problème est qu'ils ne savent pas à qui adresser la demande, quelle adresse mettre sur la lettre, quel nom prononcer.

C'est une prière lancée comme une bouteille à la mer, « au cas où... » Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Y a-t-il un Dieu dans ce monde ? Y a-t-il quelqu'un au bout du fil ?

Nous sommes quelques uns à le croire. Alors je leur dis : demandez-le de ma part.

C'est ainsi que Clovis, le roi des francs, priait le : « Dieu de Clotilde... ».

C'est ainsi que saint Augustin, avant sa conversion, priait le « Dieu de Monique... ».

C'est ainsi que nous aussi, pour être bien sûrs d'être entendus, nous pouvons prier: « Dieu de Jésus-Christ » !

Michel Van Aerde, op
Bruxelles, le jeudi 27 avril 2006

 


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