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Frère Jean-Marc GAYRAUD, o.p.

Pensées à penser
Recueil de prédications

Pensées à penser - Recueil de méditations sur les Evangiles

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1er dimanche de l'Avent : Mc 13,33-37

Marc, chapitre 13, versets 33 à 37

« 33 "Soyez sur vos gardes, veillez, car vous ne savez pas quand ce sera le moment. 34 Il en sera comme d'un homme parti en voyage : il a quitté sa maison, donné pouvoir à ses serviteurs, à chacun sa tâche, et au portier il a recommandé de veiller. 35 Veillez donc, car vous ne savez pas quand le maître de la maison va venir, le soir, à minuit, au chant du coq ou le matin, 36 de peur que, venant à l'improviste, il ne vous trouve endormis. 37 Et ce que je vous dis à vous, je le dis à tous : veillez ! »

Invitation dès le commencement à être éveillé, à retrouver notre cœur à la source de son désir. Un je ne sais quoi qui depuis toujours attend que nous lui prêtions quelque attention. Mettre à distance tout ce qui d'une façon ou d'une autre maintient captif ce désir et nous interdit de remonter à sa source : comme les prétentions multiples d'un monde à satisfaire tout désir et le laisser par là même chaque fois plus insatisfait.

Notre espérance est la plus certaine et la plus affermie qui soit : ce que nous désirons est infiniment plus assuré que les désirs les plus raisonnables et infiniment plus désirable que les désirs les plus fous. C'est une réalité qui bouleverse tout jusqu'en ses fondements : c'est Jésus dans sa Pâque. Un Amour prouvé et éprouvé, et cela ne s'est jamais produit qu'une fois pour toutes

Voilà donc un appel à recouvrer la mémoire profonde, à la source de notre être, dans son unité première et son aurore virginale, un avènement, une mémoire que milles désirs et milles possessions plongent mille fois dans l'oubli. C'est la mémoire de notre Salut, la mémoire vivante de Jésus. Passons de l'amnésie à l'anamnèse : regardez comment la mémoire vivante du Christ fonde notre espérance :

« Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire... » En faisant mémoire de ton Fils, de sa passion qui nous sauve, de sa glorieuse résurrection et de son ascension dans le ciel, alors que nous attendons son dernier avènement, nous présentons cette offrande vivante et sainte pour te rendre grâce.

Chaque eucharistie est le lieu vivant et vivifiant de notre mémoire et de notre espérance : se nourrir à la source de Celui qui est source de toute paix et toute joie. Cette mémoire et cette espérance se rencontrent en chaque vie et nous ramènent inlassablement à l'épaisseur mystérieuse de notre présent, de nos affaires humaines, un ici et maintenant qui porte déjà la marque de l'éternité.

Tant que nous cherchons autre chose que lui, tout ce que nous cherchons et quoi que nous cherchions nous laissera "in fine" dans la désolation et l'amertume. Si nous le cherchons lui et rien d'autre, nous le trouverons dans tout ce que nous cherchons et quoi que nous cherchions. Il sera en tout ce que nous cherchons notre consolation et notre paix.

Dieu nous visite et c'est lui que nous attendons en vérité depuis toujours. Mais jamais comme on le pense, le suppose, le rêvons ou avons cessé de le rêver. Il ne veut pas être captif de nos désirs car alors s'éteindrait notre désir avec sa possession. C'est tout le contraire dont il s'agit. En véritable amoureux qu'il est, il se plaît à nous surprendre, il déjoue nos attentes et nous comble par là infiniment au-delà de tout nos désirs. Notre désir véritable, c'est lui ! Il faut pour cela commencer par lui et que toutes choses puissent nous servir pour aller vers lui ; quoi qu'il arrive et quoi qu'il advienne ; cela suffit. Viens Seigneur Jésus !


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