Note : cet ouvrage reprend le contenu du cours proposé par Jean-Baptiste Echivard sur domuni.org : IN073 - Le Sujet (Premières questions philosophiques, tome 2)
Présentation
par
l'EditeurL'habitude est prise depuis quelques décennies de commencer les cours
de philosophie par la conscience. Mais la conscience est-elle vraiment
première et ne suppose-t-elle pas auparavant une nature qui rend
possible tous ses actes ? L'inconscient est, aujourd'hui, une des
réalités psychologiques les plus fortes qui nous font douter de
l'existence de la liberté. Mais existe-t-il vraiment une opposition
irréductible et nécessaire entre l'inconscient et la conscience ?
L'inconscient n'est-il pas un acte de la mémoire qui est une des
facultés de la conscience ? Sans la mémoire, un acte de conscience
serait-il possible ? Doit-on, dans ces conditions, faire de
l'inconscient cette réalité obscure et toujours inconnue qui nous
rendrait inconnu à nous-même ? L'homme est un être de désirs, dit-on.
Mais de quels désirs parle-t-on ? Tous ceux-ci doivent-ils être
satisfaits parce que ce sont des désirs ? On oppose, de plus, souvent,
la volonté au désir. Mais la volonté n'est-elle pas elle-même désir ?
L'homme, par la perception sensible, reçoit en lui le réel. Mais la
perception diffère-t-elle de la sensation ? N'est-elle pas
nécessairement relative à la connaissance intellectuelle ? Et la
connaissance intellectuelle ne serait-elle pas également relative à la
perception ou à la sensation ? L'homme vit dans le temps, mais, parfois
aussi, il aspire à l'éternité. Tantôt nous percevons le temps comme
facteur de corruption, de vieillissement, tantôt nous pouvons être plus
sensible à tout ce qui, dans la réalité, demeure. Comment l'homme
peut-il alors vivre sa relation aux différentes parties du temps que
sont le passé, le présent et l'avenir ? Quelle conscience a-t-il de son
existence temporelle ? Pour vivre, toute conscience dépend d'autrui.
Mais autrui a pour nous de multiples significations qui ne sont pas
interchangeables : du voisin de palier, à notre père ou à notre
collègue, beaucoup d'autrui se présentent à nous ? Que peuvent
représenter ces diverses significations ? Toutes ces questions vont
nous permettre de mieux comprendre la spécificité du sujet humain. Car
l'homme n'est pas d'abord un objet parmi d'autres objets ; il n'est pas
une partie de la nature au même titre que d'autres êtres naturels,
comme les plantes ou les animaux. Il est sujet de ses actes, capable de
liberté et de responsabilité ; sujet de droits et de devoirs dans les
différentes communautés sociales auxquelles il participe. Comme le XXe
siècle a connu, avec, par exemple, les totalitarismes nazi et marxiste,
des temps de barbarie qui ont bafoué radicalement la dignité de l'homme
comme sujet de ses actes, il est bon de comprendre, philosophiquement,
les causes qui font de l'homme, malgré certains déterminismes
psychologiques, un sujet de ses actes. maj 07.11.2007 |