Fr. Jean-Marie Gueullette, O.P.

La vie et l'œuvre de Jean-Joseph LATASTE, op (1832-1869)
fondateur des Sœurs dominicaines de Béthanie

- Pâques 1996 -

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Une évolution spirituelle.

Comment le serviteur de Dieu a-t-il vécu cette opposition de la part de ses parents, au moment où il pensait trouver enfin en Cécile l'affection qu'il recherchait en vain depuis son adolescence ? Cet homme pudique a laissé peu de traces de ce qui l'habitait durant ce printemps de 1853. Il tient toujours à conserver une grande discrétion à propos de Cécile10. Pourtant les quelques lettres à ses frères ou à un ami qui ont été conservées montrent qu'il reçoit les réactions et les décisions de ses parents dans une obéissance radicale. Cette obéissance filiale s'articule de plus en plus avec une confiance en Dieu qui va jusqu'au sacrifice.

La première étape de ce chemin spirituel parcouru grâce à Cécile est celle de l'obéissance. Celle-ci n'a pas été facile, mais le serviteur de Dieu a vécu dans la foi la soumission à la décision de son père, persuadé qu'en accomplissant son devoir, il accomplissait la volonté de Dieu. « Quand le devoir parle, je regarde sa voix comme celle de Dieu et j'obéis, convaincu qu'en obéissant ainsi je fais bien. Voilà pourquoi je me suis résigné sans murmure aucun à tout ce que mon père a voulu11 ; [...]. » L'amour est toujours bien présent dans son cœur, mais il ne peut concevoir d'aller contre la volonté de ses parents, de faire autre chose que ce qu'il considère comme son devoir. Cela entraînera peut-être pour lui des moments difficiles, peu importe, il fait ce qu'il doit faire. Cette certitude qui l'habite quand il agit selon sa conscience, même si cela est humainement ou affectivement difficile, est un trait de caractère qui se manifestera souvent au cours de son existence. Malgré l'importance qu'a revêtue durant ce printemps de 1853 la découverte de l'amour humain, le serviteur de Dieu ne perd pas la tête, il garde une très vive conscience des exigences de la vie morale.

Le deuxième aspect que l'on peut analyser à propos de cet épisode, est l'évolution proprement spirituelle du serviteur de Dieu. D'une part, la réaction de son père a entraîné une spiritualisation de son amour pour Cécile. Il vit cette épreuve dans la foi et dans la prière. La volonté de Dieu est pourtant difficile à discerner : la rencontre de Cécile en semblait un signe, et pourtant la soumission à l'autorité paternelle l'oblige à voir la volonté de Dieu dans l'éloignement géographique. Au moment de quitter Privas, le serviteur de Dieu rédige un Testament spirituel12, acte de dépouillement total et de pleine et irrévocable donation à Jésus par Marie, dans la ligne de la spiritualité de Grignion de Montfort et du vœu héroïque de G. Oliden. Soucieux de faire connaître cette forme de donation à Marie, il fait imprimer le texte et le diffuse autour de lui. Il offre à Cécile au moment de son départ une statue de la sainte Vierge ; celle-ci est toujours conservée à Béthanie.

Alcide Lataste arrive donc à Pau dans ces dispositions d'abandon entre les mains de Dieu. La foi ne vient cependant pas étouffer complètement les mouvements de la nature. Il rédige le 12 septembre 1853, le lendemain de son arrivée, un poème sur la Vierge Marie, consolatrice des affligés, dans lequel le poète pleure sur la mort de celle qu'il aimait et confie sa peine à Marie. L'épreuve de la séparation est donc si forte qu'il peut la décrire en terme de mort et de deuil :

A Marie.

Consolatrix afflictorum.

    I.
    Oh ! qui me rendra l'Espérance !
    Qui rendra le calme à mon cœur !
    Qui lui donnera la puissance
    De résister à sa douleur !
    J'aimais une sœur, une amie,
    Ange égaré des saints parvis,
    la mort cruelle l'a ravie
    Nos deux cœurs n'avaient qu'une vie,
    Mais elle n'est plus... et je vis !

    II.
    Autour de moi se fait le vide ;
    La douce voix de l'amitié,
    Ne peut rien sur mon cœur aride,
    Je suis triste à faire pitié
    Je ne vois que malheurs sans nombre,
    Que cris, que larmes, que cercueils,
    Je n'ai plus d'elle que son ombre
    Et l'avenir m'apparaît sombre
    Sombre comme un manteau de deuil !

    III.
    Elle n'est plus ! tout n'est plus rien ;
    Nul ne peut me rendre mon bien !
    Comme une morte en son suaire
    Ensevelie en sa douleur
    Mon âme triste et solitaire
    Ne veut plus rien voir sur la terre
    Et se tourne vers cette fleur13...

Les lettres qu'il écrit à cette époque montrent bien qu'il ne considère pas que sa relation avec Cécile de Saint-Germain est terminée, mais qu'il lui faut la vivre autrement. Un document aujourd'hui perdu, mais qui a été consulté par l'abbé Mercier, décrit la façon dont le serviteur de Dieu cherchait douloureusement la lumière sur la volonté de Dieu, au mois de novembre 1853 :

    Il raconta plus tard, que, en passant un soir devant une église, il se sentit fortement pressé d'y entrer. Guidé par la lueur d'une petite lampe, Alcide se trouva bientôt au pied de l'autel de la Sainte Vierge. Il y pria longtemps, implorant moins la réalisation de ses rêves d'avenir, que la lumière qui devait lui faire connaître la volonté de Dieu. « Je ne vous demande pas ce bonheur tant souhaité, disait-il avec larmes, s'il n'entre pas dans vos desseins sur nous ; mais ce que je sollicite avec insistance, c'est que votre volonté nous soit connue. Si vous n'approuvez pas notre union, faites qu'elle se détache de moi, ou donnez-moi quelque autre signe qui me fasse comprendre ce que vous demandez de votre serviteur. » Après avoir ainsi épanché son âme, Alcide se releva fortifié ; puis il rentra chez lui et écrivit à Mlle *** une lettre, dans laquelle il se dépeignit lui-même sous les couleurs les plus noires. Il alla jusqu'à énumérer les vices et les défauts qu'il croyait avoir, lui laissant entendre qu'il était indigne de son affection. Peut-être voulait-il par là essayer de lui rendre la liberté du cœur ; mais cette tactique ne réussit pas : l'estime qu'on avait conçue de lui reposait sur des fondements trop solides pour être si facilement ébranlée14.

Les deux années qui suivent ne sont pas marquées par des événements notables. Le serviteur de Dieu vit à Pau, il accomplit son travail de fonctionnaire sans difficultés particulières. C'est en 1855 qu'il est admis au dernier examen d'entrée dans la fonction publique15. Le temps lui semble long. A part ses confrères de Saint-Vincent-de-Paul, il ne semble pas avoir beaucoup de relations à Pau. Ses loisirs sont occupés par les activités caritatives16, en particulier le patronage des jeunes apprentis et la présence auprès des soldats, et la poésie. Il rédige à cette époque plusieurs poèmes, où l'on retrouve toujours le sentiment de la solitude et de la vanité de l'existence17. Plusieurs d'entre eux font allusion à la mort18 ou à une jeune fille morte19. Une composition poétique du 4 juillet 1854 fait même allusion à la disparition possible de la bien-aimée :

        Mais, il me vient au cœur une affreuse pensée,
        Eva, ma blonde Eva, ma sœur, ma fiancée,
        mon cœur me ment, n'est-ce-pas ? Il me dit, le cruel,
        qu'il n'est pas de bonheur durable sur terre,
        que ton cœur est trop pur pour être un cœur mortel,
        que tu vas t'envoler, me laissant solitaire.
        Il est vrai, notre terre avec toutes ses fanges,
        est un triste séjour pour une sœur des Anges
        20...

Tout en respectant la volonté de son père, il continue une correspondance avec M. et Mme de Saint-Germain. Il a par eux des nouvelles de Cécile, mais jamais il n'aura l'occasion de la revoir21.

La fin de l'année 1855 est un moment décisif pour le serviteur de Dieu. En septembre, il affirme encore à son frère Émile son attachement profond pour Cécile, et exprime la douleur qu'il éprouve de devoir retarder son union avec elle par manque de moyens matériels, et même d'y renoncer peut-être un jour22. Dans cette situation de souffrance, où les liens familiaux sont son seul soutien, il va affronter plusieurs épreuves. Il nourrissait une grande affection pour son frère Émile et sa sœur Rosy, devenue en religion sœur Saint-Crescentien. Ils s'étaient promis mutuellement assistance dans la prière23, et entretenaient une correspondance intime. Soeur Saint-Crescentien meurt le 14 octobre 185524, à Missiac-Morvan (Vendée). Elle avait été particulièrement auprès de son frère Alcide le témoin de sa vocation, et elle n'avait jamais cessé d'y croire. Après quelques mois d'une maladie particulièrement douloureuse, elle meurt en offrant sa vie pour la vocation d'Alcide et la conversion de toute sa famille25. Ce décès, précédé deux jours plus tôt de celui de Mme Neveu qui avait été sa nourrice à Loupiac26, entraîne chez Alcide Lataste un retournement décisif. Il dira plusieurs fois, dans les dernières années de sa vie, que c'est à ce moment-là que sa décision d'entrer dans la vie religieuse a été prise. Le sacrifice de la sœur aînée et marraine a porté du fruit :

    J'ai la conviction qu'après Dieu, c'est à ses prières, à ses souffrances et à son intercession au ciel que je dois en très grande partie ma vocation religieuse27.

    Quinze jours après la mort de ma sœur religieuse, j'étais résolu à entrer en religion28.

Les circonstances vont le confirmer, si on peut dire, dans cette décision. En effet, il se trouve dans ces dispositions lorsqu'il apprend la mort de Cécile de Saint-Germain, le 17 novembre29. La foi et la vocation religieuse renouvelée depuis peu n'empêchent pas la douleur : le choc est terrible. Si le serviteur de Dieu deviendra capable de considérer cette douleur comme une étape spirituellement fructueuse, il est sur le moment plongé dans une détresse profonde30. La foi en la vie éternelle, et la certitude grandissante que Cécile est au ciel lui sont un réconfort dans le malheur :

    Elle est heureuse, plus heureuse qu'elle ne l'eût été ici-bas ; et cette pensée seule est capable de me faire supporter mon malheur avec résignation, car moi seul je souffre de cette séparation cruelle, et j'ai la certitude de la revoir un jour, bientôt peut-être... Mais voilà tous mes rêves d'avenir évanouis ; voilà toutes mes espérances trompées ; voilà mon cœur mis à nu, comme un sanctuaire dévasté ; mis à sec comme un vase dont on a répandu le parfum sur le sable. Me voilà seul, seul pour longtemps, seul pour toujours peut-être31.

C'est dans cet état de grande souffrance qu'il a l'occasion d'entendre une retraite prêchée à Pau par trois dominicains. C'est probablement la première fois depuis la visite de Lacordaire au petit séminaire que le serviteur de Dieu a l'occasion de rencontrer des Frères prêcheurs. L'un d'eux est le père Saudreau qui sera plus tard son prieur. Les sermons que celui-ci prononce sur le thème du combat de la vie et de la mort et sur la victoire finale de la résurrection font une vive impression sur Alcide Lataste, car ils rejoignent les pensées qui l'habitent en permanence32. Il ne fait aucune allusion à une éventuelle vocation. Pourtant, le mois suivant, en janvier 1856, il avoue à l'un de ses amis que la question se pose chez lui de manière aiguë33. Deux solutions seulement lui semblent possibles : soit la vie religieuse, soit le célibat consacré dans le monde au service des pauvres. Il est arrêté dans ces projets, comme pendant son adolescence, par le sentiment de sa faiblesse et de son indignité :

    Je suis un lâche. Je n'ose me consacrer à Dieu, parce que ma faiblesse et les penchants de mon cœur, la gravité des fautes et presque leur irréparabilité, une fois entré dans ce saint état, m'effraient ; et je m'arrête. D'un autre côté, vivre dans le monde avec mon caractère et mon cœur, et rester dans un isolement continuel, je ne m'en sens pas la force34.

Durant cet hiver de 1855-1856, le serviteur de Dieu ne s'enferme pas dans sa douleur : il continue de participer très activement aux activités caritatives de la conférence Saint-Vincent-de-Paul, comme le montrent les registres qui contiennent les comptes-rendus de réunions. Il reçoit régulièrement des secours pour les familles qu'il visite35. La conférence est pour lui le lieu de sa vie sociale et chrétienne. L'étude de son activité au sein des Conférences a déjà permis de voir comment il a été amené à mettre en œuvre lui-même les exhortations qu'il faisait à son ami Leyer pour que celui-ci fonde une conférence à Nérac. C'est le 20 mars 1856 qu'il arrive à Nérac pour prendre ses fonctions de contrôleur des Contributions directes36. C'est dans cette ville, comme on l'a vu plus haut, qu'il va déployer le maximum de ses efforts pour faire naître et grandir une conférence Saint-Vincent-de-Paul et pour déployer ses activités au service des pauvres. L'interrogation de plus en plus précise sur sa vocation religieuse ne l'entraîne pas à fuir le monde ou les responsabilités, bien au contraire. C'est un jeune fonctionnaire en pleine activité professionnelle et associative qui se présentera quelques mois plus tard à la porte du noviciat.

La mémoire de Cécile l'accompagne. Il dira même plus tard combien la présence de sa « sœur du ciel » à ses côtés a été déterminante pour sa vocation37. A l'occasion de l'anniversaire du décès de Cécile, il va vivre un moment crucial pour son avenir. Il se sentait en effet incapable de prendre une décision « sans avoir prié sur sa chère tombe38 ». Il passe dix jours à Privas dans la famille Saint-Germain. Là, il prie longuement dans la chambre de Cécile transformée en oratoire, devant la petite statue de la Vierge qu'il lui avait donnée avant de la quitter. Il a également la joie de pouvoir parler de la défunte avec son ancien confesseur, l'abbé Eldin, qui lui dit de « belles choses sur l'âme » de Mlle de Saint-Germain39. Il retrouve son ami Blacas et fait plus amplement connaissance avec une amie des Saint-Germain, Mme Piron, avec laquelle il restera en correspondance durant de longues années40. Ce pèlerinage l'amène à envisager plus sérieusement la question de la vie religieuse. Durant le trajet, celle-ci était venue à lui, si l'on peut dire, par la présence de deux religieuses puis du P. Edmond, restaurateur des Prémontrés en France, qui s'étaient installés dans son compartiment de chemin de fer.

    Je ne sais si vous savez que j'ai été sur le point d'être Prémontré. En 1856 en me rendant à Privas je fis rencontre en chemin de fer du T. R. P. Edmond, restaurateur des Prémontrés, aujourd'hui prieur de Saint-Michel. Il fut l'instrument dont Dieu se servit pour remuer sous les cendres chaudes encore de mon cœur le feu caché de ma vocation religieuse. Dès ce jour je me crus appelé à le suivre41.

C'est à lui qu'il va tout d'abord s'adresser pour avoir des précisions sur la vie religieuse, sur les obligations et les usages d'une forme de vie qui l'attire et lui fait peur. Il écrit également à plusieurs autres supérieurs religieux, dont le P. Lacordaire, alors provincial de France des Frères prêcheurs. Celui-ci lui répond immédiatement, le 4 décembre 1856 :

    Je ne pourrais vous envoyer les Constitutions de l'ordre des Frères prêcheurs, qui forment un volume considérable, et où d'ailleurs vous auriez une extrême difficulté de vous reconnaître. Le plus simple est de vous procurer la vie de saint Dominique que j'ai publiée en 1840 et qui a eu depuis plusieurs éditions. Là, dans un volume ordinaire, vous apprendrez, de notre ordre, de son histoire et de ses règles, plus que je ne vous en dirais en cinquante pages d'écriture.

    Seulement je vais ajouter que cet ordre se divise en deux branches pour les hommes : l'une consacrée à la prédication ; l'autre à l'enseignement de la jeunesse sous le nom de tiers ordre enseignant de Saint-Dominique. La première a un genre de vie fort austère, la seconde est peu chargée d'observances difficiles, à cause même du ministère qu'elle remplit. La première question pour vous, monsieur, est de savoir à laquelle de ces deux branches vous seriez appelé à vous donner. Après que vous aurez pris connaissance de la vie de saint Dominique, et éclairé ainsi vos intentions, s'il vous reste des doutes à éclaircir, je serai tout prêt à vous satisfaire dans la mesure où Dieu le permettra. Si je vous renvoie à mon livre imprimé, c'est parce que vous m'en demandez un vous-même et que celui que je vous indique renferme tout ce que vous souhaitez42.

Nous avons peu de documents sur la vie du serviteur de Dieu durant cette dernière année de vie dans le monde, en dehors des correspondances liées à la société Saint-Vincent-de-Paul, déjà étudiées. Une allusion permet de savoir qu'il a fait une retraite chez les carmes d'Agen en mars 1857, et qu'il y a été effrayé par le bruit des disciplines dont les religieux faisaient usage43. C'est durant cet hiver qu'il rédige un petit ensemble de prières à dire tous les jours de la semaine, à des intentions diverses44. La prière du mardi manifeste l'attachement qu'il éprouve toujours pour Cécile et pour sa famille45 :

    Vous nous avez dit : « Venez à moi, vous tous qui êtes dans la tristesse et je vous consolerai », abaissez donc, ô mon Dieu, un regard de compassion et de bonté sur Mme de Saint-Germain ma seconde mère. Versez dans son âme un adoucissement à sa grande douleur ; délivrez-la des regrets du passé par les douces espérances de l'avenir. Donnez-lui la force et le courage de satisfaire aux nécessités de cette vie, aux devoirs de sa position. Inspirez-lui une résignation vraiment chrétienne. Daignez, ô mon Dieu, sanctifier sa douleur et la rendre fructueuse pour le Ciel. Je vous demande cette grâce par Marie, votre Mère et la nôtre, la Consolatrice des affligés, la Mère des Sept douleurs...

    Vous m'aviez permis, Seigneur, de connaître et d'aimer l'une de vos plus pures créatures, et vous l'avez reprise, soyez toujours béni. En l'attirant si jeune à vous, vous avez voulu m'apprendre à me détacher, de tout, que votre sainte Volonté soit faite ! J'aurais avec joie consacré ma vie à la rendre heureuse ; ma vie ! elle est à vous, à vous seul désormais ! mais, ô mon Dieu, donnez-lui au centuple dans votre paradis le bonheur qu'elle avait rêvé de goûter sur la terre. Enfin, Seigneur, accordez-moi les grâces qu'elle a désirées pour moi, pendant sa vie et qu'elle vous a demandées avant sa mort.

Sainte Cécile, priez pour elle !
Priez pour sa famille, priez pour moi
O Marie Immaculée, priez pour nous46.

La prière du vendredi est un bon exemple47 des sentiments qui habitent son âme. Ce jour-là, il prie pour « les besoins et les désirs de son âme » souhaitant faire la volonté de Dieu et demandant à celui-ci le don de force pour accomplir ce qui lui semble au-dessus de ses limites.

    Je viens aujourd'hui en tremblant attirer vos regards sur moi, ô mon Dieu, infiniment puissant et juste, mais aussi infiniment bon et miséricordieux.

    Mon Dieu ! Mon Dieu ! Ne vous souvenez plus de l'abondance de mes fautes ! Si vous considériez nos iniquités, qui pourrait soutenir votre vue ? Considérez uniquement, ô mon Sauveur, le désir sincère que j'ai toujours gardé de mourir plutôt que de m'éloigner de vous. Et où irais-je, ô le Dieu de mon âme ?.. N'avez-vous pas les promesses de la vie éternelle ?..N'êtes-vous pas la voie, la vérité et la vie ?.. N'êtes-vous pas la seule source où nos cœurs puissent désaltérer et rassasier la soif d'amour et de bonheur qui les consume ?.. O mon Dieu, ne me laissez pas périr. Retenez-moi auprès de vous ; soutenez-moi, si vous ne voulez que je tombe ; éclairez-moi, si vous ne voulez pas que je m'égare ; car sans vous, je l'ai trop souvent éprouvé, sans vous je ne suis capable que des plus misérables chutes. Je crois, j'aime, j'espère, mais augmentez, Seigneur, ma foi, mon espérance et mon amour pour vous et pour vos pauvres. Embrasez-moi de votre saint amour si vous ne voulez pas que je m'abandonne, moi aussi, aux folles et décevantes affections de la terre.

    O mon Dieu ! Vous avez été pour moi, jusqu'à ce jour, bien indulgent et bien terrible !.. Vous m'avez pardonné de nombreuses fautes mais vous m'avez aussi porté de grands coups ; soyez béni dans votre miséricorde et soyez béni dans votre justice ! Quoi que vous fassiez, c'est bon et bien fait, et c'est pour mon bien que vous avez agi. Mais, ô mon Dieu, si en me frappant si cruellement vous avez eu des vues sur mon pauvre et misérable cœur, parlez ! parlez ! votre serviteur écoute. Parlez-moi, malgré ma faiblesse et mon indignité, je me sens le courage de tout entreprendre et de tout oser pour vous obéir. Que puis-je craindre si vous me soutenez ; et où trouver plus de joie, malgré les douleurs et les peines, qu'à votre service ?

    Je vous le demande par votre Esprit Saint, par Marie Immaculée, par vos apôtres, vos vierges, vos docteurs et vos martyres ; faites-moi connaître votre sainte volonté, et donnez-moi la force de briser, pour l'accomplir, tous les obstacles, tous les liens de cette vie. Bénissez, inspirez, et affermissez les résolutions de mon cœur. Ouvrez-moi les portes, Seigneur, et j'y cours ; ouvrez-moi vos bras et je m'y précipite. Je ne désire et ne demande qu'une seule chose désormais : faire votre volonté, toute votre volonté, rien que votre volonté ; vivre en vous, de vous, par vous, comme vous, et toute ma vie, où que vous m'appeliez, uniquement pour vous. Saint François-Xavier, saint Vincent de Paul, saint François d'Assise, Ste Elisabeth de Hongrie, saint Norbert, saint Dominique, priez pour moi. Sœur Marguerite du T- S- S. priez pour moi, le Saint Enfant Jésus ! O Marie, Immaculée, priez pour moi.

L'automne de cette année 1857 va être le temps de la décision définitive d'entrer dans la vie religieuse dominicaine. Le serviteur de Dieu avait souhaité rencontrer le Père Lacordaire et vivre à ses côtés une retraite. Celui-ci lui avait signalé que les conditions n'étaient pas idéales à Sorrèze pour une telle retraite et lui avait conseillé de la faire plutôt dans un couvent dominicain et de pratiquer régulièrement en attendant la lecture des livres saints et les sacrements48.

L'acte de renonciation à la vie, daté 11 septembre 1857 à Nérac, est probablement la trace du jour où il a pris sa décision de se donner à Dieu49. Cette date n'est pas un hasard : c'est l'anniversaire du jour où, quatre ans plus tôt, il avait quitté Privas, et Cécile50. De même qu'il avait alors quitté celle qu'il aimait pour faire la volonté de son père51, il se prépare à quitter le monde pour faire ce qu'il considère de plus en plus comme la volonté de Dieu. Un tel contexte montre combien la démarche qu'il envisage est vécue sous le signe du renoncement, du départ. La confiance qu'il exprime à l'égard de Dieu ne supprime pas en lui la difficulté à se détacher de ses liens affectifs et sociaux.

Ce texte exprime la remise confiante « librement, spontanément, d'un esprit calme et d'un cœur joyeux » de lui-même entre les mains de Dieu. Il abandonne en Dieu tout ce qu'il est, toutes ses capacités, pour les mettre au service de son créateur. L'Acte de renonciation à la vie ne présente pas de traits particuliers, il ressemble à de nombreuses consécrations du même type rédigées par des chrétiens assoiffés de sacrifice et de confiance. Retenons cependant deux aspects qui sont importants à souligner pour la suite de l'évolution spirituelle du serviteur de Dieu.

D'une part, il est fortement marqué par le souvenir de ses péchés, des « fautes sans nombres auxquelles son corps, ses sens l'ont entraîné ». Dans les moments qui précéderont son entrée dans la vie religieuse, cette idée l'obsédera encore. Souvenir des années difficiles de l'adolescence, difficulté à vivre les diverses formes de la tentation sexuelle, dans un climat religieux lourdement culpabilisant en ce domaine : ces formes de vulnérabilité et de culpabilité ont creusé en lui la conviction de son indignité, et elles ont sans doute façonné sa manière particulière d'aborder les grands pécheurs.

D'autre part, on peut être surpris qu'une âme déjà très orientée vers la vie dominicaine ne soit pas plus préoccupée par le salut des autres. Le texte de l'Acte de renonciation à la vie donne en effet l'impression d'une compréhension de la vie religieuse toute tournée vers le don de soi à Dieu, et l'amour exclusif du Christ. Il est même net, dans ce texte et dans d'autres de la même époque, que ce sont les austérités des observances monastiques en usage alors dans l'Ordre des prêcheurs qui semblaient être le principal obstacle pour le jeune postulant. La vie religieuse était perçue comme un mode de vie dans lequel on se consumait rapidement pour l'amour de Dieu dans des pratiques ascétiques qui minaient la santé. Ce n'est donc pas sans trembler qu'Alcide Lataste écrit qu'il renonce à sa santé et ne désire en conserver que ce qui est nécessaire pour servir Dieu utilement. Le but de cette donation n'est pas l'obtention de grâces pour les autres, comme dans le Testament spirituel, mais le don total de soi, la remise de tout ce qui constitue la personnalité entre les mains du Christ. La façon dont le serviteur de Dieu nomme son Seigneur est le signe d'une vie spirituelle déjà fervente ; on y trouve des éléments de sa relation au Christ qui persisteront jusqu'à sa mort :

    Ô mon Jésus, ô mon Sauveur, ô mon ami, ô mon frère, ô mon époux, ô mon père, ô mon juge, ô mon roi, ô mon Dieu pour le temps et l'éternité !

L'abbé Mercier a bien perçu dans cet acte de 1857 un aspect central de la vie spirituelle du Père Lataste : l'union étroite au Christ par un entier renoncement à soi-même52.

L'Acte de renonciation à la vie porte aussi les marques d'une autre inquiétude qui habitait Alcide Lataste au moment de quitter le monde : quelles seraient les réactions de ses parents ? Il se confie à son frère le plus proche, Honoré :

    Si tu le peux, sans rien faire soupçonner, sonde le terrain auprès de mon Père et de ma Mère et vois s'ils donneraient leur consentement pour cela53.

Toujours entier dans sa manière de mettre à exécution ses décisions, Alcide Lataste envisage de démissionner immédiatement de la fonction publique. Sur le conseil du père provincial, il se contente de demander un congé54, et quitte Nérac vers le 20 octobre. Ce départ est nettement pour lui le départ définitif. Il a déjà fait les ultimes démarches d'un futur postulant, en demandant des lettres de recommandation à deux prêtres qui le connaissent bien : le vicaire de la paroisse de Nérac, et Mgr Boudinet, évêque d'Amiens, qui avait été son directeur au collège de Pons. Les deux documents ont été signés le 18 octobre 185755.

Il profite de ce congé pour faire une ultime retraite au couvent des dominicains de Bordeaux, après avoir écrit à ses parents qu'il passera les voir avant d'aller rendre visite à un ami à Paris. La réaction de ses parents au « sondage » mené par Honoré avait du être peu encourageante, car Alcide ne dit rien de ses intentions. Il cache son projet d'entrer au noviciat sous celui d'aller à Paris et demande à ses parents d'organiser un petite réunion de famille à l'occasion de son passage : rien de surprenant de la part d'un fonctionnaire qui vit loin de chez lui et qui a peu l'occasion de revoir les siens.

    Je serais heureux, puisque je dois rester si peu de temps à Cadillac, de voir toute la famille réunie le dimanche soir, 28 octobre. Je voudrais une simple petite réunion où le cœur et la causerie aient la plus grande place, comme du reste Maman et toi vous savez si bien organiser56.

Les notes prises au cours du séjour au couvent de Bordeaux ont été conservées57. Le serviteur de Dieu y dialogue avec lui-même, mettant en vis-à-vis sur deux colonnes les motifs favorables et les motifs défavorables à son entrée dans la vie religieuse. Il n'est pas surprenant, après les années qu'il vient de vivre, que la première question soit celle du célibat et de la chasteté : « Comment avec le cœur faible et aimant que tu te connais, comment pourras-tu vivre sans affection ? » Alcide Lataste sait qu'il a besoin d'affection, et qu'il a besoin d'aimer ; il ne renie pas cet aspect de sa personnalité, il en fait au contraire un ressort puissant pour sa décision. La vie religieuse consistera d'abord à offrir à Dieu cette capacité à aimer58. « Tu aimeras Dieu et Dieu seul, car lui seul est capable de remplir cette soif d'affection dont tu te sens altéré59... » Ici encore, on retrouve la trace des souffrances et des humiliations que le serviteur de Dieu a connues depuis l'adolescence dans le domaine de la sexualité60 :

    Oh ! non, non, mille fois non, ce n'est ni la beauté, ni l'esprit, ni la fortune, ni la naissance, ni le rang qui me feraient aimer la créature. Encore moins la chair... La chair, je l'ai toujours eue en horreur, même et surtout alors que j'ai cédé à ses diaboliques incitations... Non, je ne puis comprendre une affection véritable où la chair entrerait pour quelque chose ; la chair ! oh ! j'aimerais au contraire à l'humilier à mon tour après avoir trop souvent été humilié par elle, à en faire mon esclave après lui avoir trop souvent obéi, à la dompter enfin après avoir trop souvent été vaincu par elle61.

La deuxième question - « Et ta liberté ? Veux-tu donc aussi y renoncer pour toujours ? » - est l'occasion de revenir sur cette soif d'amour et de bonheur qui l'habite. « Que cherches-tu et que veux-tu ? Mon salut. La certitude d'être heureux un jour, puisque le bonheur n'est pas de ce monde, la certitude d'aimer et d'être aimé un jour d'un amour sans fin puisque l'amour véritable n'est pas de ce monde. » A cette époque, le serviteur de Dieu, conscient de sa faiblesse, parle volontiers de l'amour de Dieu d'une manière volontariste, il lui faut « travailler à me rapprocher de Dieu, et malgré mes faiblesses et mes souillures, mériter, par ses mérites, de jouir de sa présence et de sa vie un jour ».

La suite de ces notes montre comment le serviteur de Dieu donne librement sa réponse, dans le sens du don de lui-même, à des questions qui manifestent combien il est encore dans une position inconfortable entre le monde et le cloître. Ne serait-il pas plus utile dans le monde ? Le risque qu'il prend de quitter la fonction publique n'est-il pas trop grand pour quelqu'un qui n'a pas de fortune ? Repose-t-il sur des éléments certains de vocation ? Sera-t-il capable de persévérer dans les austérités de la vie religieuse ? de supporter la vie commune ? Chacune de ses réponses prend en compte les difficultés, comme dans une question de saint Thomas, mais y apporte l'éclairage de la foi, la confiance dans la force qui vient de Dieu.

Avant de quitter Bordeaux, il obtient une autre attestation de bonnes mœurs signée par le cardinal Donnet62. Le dimanche 25 octobre, Alcide Lataste passe la soirée en famille à Cadillac. Seuls son frère Honoré et sa femme sont informés des vrais motifs de sa présence. Le lendemain, il se rend à Verdelais, où il confie à la Vierge de son enfance la vie nouvelle dans laquelle il s'apprête à entrer. Il part ensuite pour Paris. Ce premier contact avec la capitale l'impressionne un peu. Il se sent mal à l'aise dans la foule, lui qui est en route pour la solitude du noviciat.

    Comme l'atmosphère de Paris me semblait lourde ! (Je veux parler de l'atmosphère morale) et comme mon âme y respirait mal à l'aise, au milieu de ce bruit, de cette agitation, de ce tumulte continuels ; au milieu de cette incroyable activité, où l'on s'occupe de tout, de commerce, d'industrie, d'arts, de progrès, de luxe, de fêtes, de plaisirs, de tout, excepté de Dieu... Je me trompe, Dieu est aimé à Paris. Il y a des adorateurs fidèles et dévoués ; mais que leur nombre est petit, à côté de ceux qui le blasphèment et le délaissent ! Et qu'il faut avoir bonne vue et bonne volonté pour les rencontrer63. !

C'est le mercredi 4 novembre 1857 au soir que le serviteur de Dieu se présente au noviciat des Frères prêcheurs, à Flavigny.


10 . Les atermoiements qui forment la première partie de la lettre 457 à son ami Blacas citée p. 82 montrent la difficulté qu'il a à se confier à propos d'une affaire pourtant relativement banale chez un jeune homme. (Orig. A.B.).

11 . Lettre 19, du 4 octobre 1853 à son frère Emile, citée intégralement p. 79. (Orig. A.B.).

12 . Testament spirituel, Summ. Add. p. 621-622, § 119-124. Un exemplaire du texte imprimé est conservé aux archives de Béthanie. Cette donation sera renouvelée au grandes étapes de sa vie : Privas, 1er septembre 1853 - Flavigny, 13 octobre 1858 - Toulouse, 10 mai 1859 - Saint-Maximin, 22 septembre 1860 - 10 mai 1861 - 10 mai 1862 - 20 septembre 1862 - 20 décembre 1862 - Marseille et Saint-Maximin, 8 et 10 février 1863 - Grande Chartreuse, 16 avril 1867 - Dijon, 2 juillet 1868.

13 . Poème 12, (Orig. A.B., Essais littéraires).

14 . Mercier p. 51-52.

15 . Aucun document officiel n'a pu être retrouvé sur cet examen. La lettre 22, du 8 juillet 1854, à son frère Emile, comprend le texte suivant : « Quant à mon examen des Contributions directes, il y a huit jours à peine que j'en ai reçu une nouvelle officielle. Ces notes de l'administration sont très laconiques : on dit seulement que mon examen a été reconnu satisfaisant, et que je suis admis, c'est-à-dire que je suis autorisé à passer en 1855 mon dernier examen, ce ne sera pas trop tôt. » Sa nomination de contrôleur à Nérac en 1856 dépendait du succès à l'examen final. (Orig. A.B.).

16 . Lettre 19 à son frère Emile reproduite intégralement p. 79. (Orig. A.B.).

17 . Huit pièces poétiques ont pour titre Vanités, (Essais littéraires, 1er octobre 1854 ; Orig. A.B.).

18 . Poèmes 28 du 23 février 1855 ; 31, du 26 février 1855 ; 36, de juillet 1856 ; (Essais littéraires ; Orig. A.B.).

19 . Poème 26 du 10 janvier 1855. (Essais littéraires ; Orig. A.B.).

20 . Eva, poème du 4 juillet 1854. (Notes d'études, Orig. A.B.).

21 . La lettre 338, du 20 novembre 1855, (date approximative) à Mme de Saint-Germain, citée intégralement p. 88, permet de constater qu'il n'a jamais revu Cécile. (Orig. A.B.).

22 . Lettre 28, du 22 septembre 1855 à son frère Emile, reproduite intégralement p. 85. (Orig. A.B.).

23 . Il avait été convenu entre Alcide, sa soeur et leur frère Emile qu'ils prieraient les uns pour les autres le premier dimanche de chaque mois ; cette pratique ne lui parut bientôt plus suffisante, et il proposa de la rendre quotidienne. (Summ. Add. p. 587 § 32. Orig. A.B.).

24 . « Le 14 octobre, celle de mes soeurs que je connaissais et que j'aimais le plus intimement, affligée depuis quelques mois, quoique bien jeune encore, d'une paralysie qui la faisait cruellement souffrir, a rendu son âme à Dieu à Missiac-Morvan, près de La Rochelle, dans la maison mère de l'ordre des Filles de la Sagesse (Soeurs Grises) où elle était. Le 16 octobre, j'ai eu le regret de perdre une bonne, brave et digne femme que j'aimais sincèrement encore, qui avait été ma nourrice, m'avait gardé 2 ou 3 ans auprès d'elle et m'avait sauvé la vie alors que j'étais condamné par les médecins. Enfin, et c'est là le comble, le premier novembre Mlle L. de Saint-Germain (vous me comprenez) dans le fort de l'âge et de la santé a été frappée d'une fièvre typhoïde très violente et le 17 à onze heures et demie du soir, tout était dit. Je n'ajouterai rien. Mais vous devez comprendre maintenant pourquoi la vie m'apparaît si triste et pourquoi j'y tiens si peu. Vous me comprendrez aussi, j'en suis sûr, avec votre coeur d'ami et de chrétien, quand je vous dirai de prier pour elle, et de prier pour moi ! Sa pauvre famille et surtout sa pauvre mère est inconsolable. Ne nous oubliez pas dans vos bonnes prières. » (Lettre 459, du 3 avril 1856, à son ami Blacas reproduite p. 89 ; Orig. A.B.)

25 . Lettre 266 du 13 octobre 1862 à Mme Piron. (Orig. A.B.).

26 . Registre d'état civil de Loupiac cité par madame Tourré dans sa lettre reproduite intégralement p. 26.

27 . Lettre 34 de la Fête-Dieu 1861, à son frère Emile. (Orig. A.B.)

28 . Confidence au frère Dominique Roland, répétée à M. Honoré Lataste, le 6 mars 1869. (R. Evers, Le père Lataste, apôtre des prisons, 1944, p. 68, note 1).

29 . Copie du certificat de décès, établie par la mairie de Privas, le 14 octobre 1936. (Orig. A. B).

30 . Lettre 338 du 20 novembre 1855, (date approximative) à Mme de Saint-Germain, reproduite intégralement p. 88. (Orig. A.B.).

31 . Lettre à Leyer, Summ. Add. p. 599 § 61, reproduite par Mercier, p. 53.

32 . « Nous avons ici une retraite prêchée par trois religieux dominicains. Le prieur surtout, le R.P. Saudreau, est un orateur d'un grand mérite. Il a fait l'autre jour un magnifique sermon sur la Vie et la Mort luttant sans cesse sur la terre et la Mort triomphant - puis un autre sur le triomphe de la Vie sur la mort par la résurrection. Que ces vérités sublimes m'ont fait du bien ! Que notre religion est belle et sa doctrine pleine de consolation ! Et que je plains celui qui doute de la réalisation un jour de ces magnifiques promesses. Mais les Païens eux-mêmes n'en doutaient pas, et Socrate a préféré mourir que renoncer à la croyance de l'immortalité ». (lettre 29 à son frère Emile, du 13 décembre 1855 (Orig.A.B.).

33 . Lettre à Leyer de janvier 1856, reproduite par Mercier p. 54-56 et Summ. Add. p. 600, § 62-63. ; Orig. perdu).

34 . Summ. Add. p. 600 § 63.

35 . Registre de la conférence Saint-Vincent-de-Paul de la paroisse Saint-Martin de Pau. Secours reçus les 4 janvier, 25 janvier et 3 mars 1856 (Orig. Archives diocésaines de Bayonne).

36 . La destruction du fonds d'archives des Contributions directes d'Agen par une inondation en 1930 a rendu impossible la recherche de la date exacte de la nomination du serviteur de Dieu. La lettre 459, du 3 avril 1856, à Blacas, signale son arrivée quinze jours plus tôt. (Orig. A.B.).

37 . Lettre 258, du 28 avril 1862, à Mme Piron, reproduite intégralement p. 126. Orig. A.B.

38 . Mercier, p. 58 sv. Ce récit du voyage à Privas, à partir de citations de lettres à Honoré Lataste aujourd'hui perdues, est reproduit dans le Summarium add. (p.602-603, § 66-69)

39 . Lettre 258, du 28 avril 1862, à Mme Piron reproduite intégralement p. 126. Orig. A.B.

40 . Quarante et une lettres du serviteur de Dieu à Mme Piron sont conservées, de 1857 à 1863 ; lettres 243 à 283. (Orig. A. B).

41 . Lettre 266 du 13 octobre 1862, à Mme Piron : « Je n'ai jamais cessé de correspondre avec le bon Père Edmond, et je suis même allé passer à Saint-Michel la nativité de la T. S. Vierge en 1860, à mon retour de Barèges. C'est un saint et solide religieux, dont l'extérieur inspire peu, mais qui gagne à être connu ». (Orig. A.B.).

42 . Orig. Archives Lacordaire, 1 A 549.

43 . Il écrit à cette occasion dans une lettre aujourd'hui perdue : « Jamais je n'aurai le courage ou plutôt la cruauté de traiter ainsi mon corps » (Mercier, p. 87).

44 . La prière du mercredi à l'intention des Conférences Saint-Vincent-de-Paul est reproduite p. 47. (Orig. A.B.).

45 . On trouve ici comme dans d'autres textes l'expression « ma seconde mère » appliquée à Mme de Saint-Germain.

46 . « Prière du mardi », (Orig. A.B.).

47 . « Prière du vendredi » (Orig. A.B.).

48 . Lettre de Lacordaire à Alcide Lataste du 22 mai 1857 : « Il est très simple que vous éprouviez des incertitudes plus ou moins fortes au sujet de pensées qui vous sont nouvelles, et qui appartiennent à une région si fort au-dessus de ce monde : mais la prière persévérante, la lecture des livres saints, l'approche des sacrements, consolideront peu à peu dans votre âme et y feront grandir le germe que Dieu y a semé. Pour ma part, Monsieur, je suis à votre disposition, et sans pouvoir vous offrir une retraite convenable, je vous assure cependant que vous trouverez en moi l'intérêt que réclament vos généreuses intentions. » (Orig. Archives Lacordaire 1 A 549).

49 . Acte de renonciation à la vie ; Summ. add. p. 623-626, § 126-131. (Orig. A.B.)

50 . Voir p. 67.

51 . Voir la lettre 19, du 4 octobre 1853, à son frère Emile, reproduite intégralement p. 79. (Orig. A.B.).

52 . Mercier p.104. ; Summ. Add. p. 621-626, § 119-131.

53 . Lettre à Honoré. L'original est perdu ; transcription ancienne par une religieuse de Béthanie, reproduit par Evers, p. 85.

54 . Livre d'enregistrement de la direction des Contributions directes d'Agen, 2205.

55 . Lettre de l'évêque d'Amiens : Summ. Num. II, p. 51, § 41, (Org A.B.). Lettre de M. l'abbé Dardy, vicaire de Nérac, authentifiée par l'évêque d'Agen, Summ. Num. III, p. 68, § 56-60, (Orig. A.B.).

56 . Lettre 1, du 20 octobre 1857, à son père, datée de Nérac. Comme c'est souvent le cas, le serviteur de Dieu fait une erreur de date : il parle dans la même lettre du lundi 26 et du dimanche 28. Il s'agit bien du dimanche 25 octobre, puisqu'il part pour Paris le lendemain, lundi 26. (Orig. A.B.).

57 . « Examen des motifs de sa vocation religieuse », Notes spirituelles 3, du 21 octobre 1857 ; de larges extraits publiés par Mercier sont reproduits dans le Summarium Add. p. 604-609, § 74-82. (Orig. A.B.).

58 . On peut voir ici les prémices d'une attitude qui sera celle du serviteur de Dieu avec les détenues de Cadillac : « Allez-vous essayer de vous dépouiller de toutes ces choses par la raison que vous les avez employées au péché, allez-vous maudire votre jeunesse, votre santé, votre âme ardente, allez-vous essayer de tuer votre coeur et charger de fers votre intelligence... Non, non mille fois non ; et sans compter que vous n'aboutiriez pas peut-être, ce n'est pas là ce que Dieu demande de vous. Toutes ces choses c'est lui qui vous les a données, et il veut que vous en usiez pour le bien, » sermon 95, reproduit intégralement p. 162. (Orig. A.B.).

59 . « Examen des motifs... », ibid.

60 . Ce paragraphe du document original ne figure pas dans les extraits publiés par Mercier et le Summarium. (Orig. A.B.).

61 . « Examen des motifs... », Ibid.

62 . Lettre du 27 octobre 1857 (Orig. A.B. ; Summ. Num. III, p. 69, § 61-62).

63 . Lettre à un destinataire inconnu (s. d.), citée par Mercier, p. 71-72.

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