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Document 1. H. JOUIN, Le Révérend Père A. Jouin, des Frères prêcheurs, Paris, Lethielleux, 1909, p. 99-100 et 121-122.
Le frère Augustin Jouin a été l'un des novices profès dont le père Lataste a été le père maître. Dans sa biographie rédigée par l'un de ses frères, l'horaire du noviciat simple de Flavigny et du noviciat profès de Saint-Maximin sont minutieusement décrits. Les journées étaient faites d'une succession d'activités différentes, donnant un emploi du temps très haché.
Le premier lever sonne à deux heures. Les religieux quittent la planche qui leur tient lieu de lit, et sur laquelle ils dorment avec leur vêtement, enveloppés dans une couverture. Ils descendent au chur pour le chant des matines et des laudes. De retour dans leur cellule, ils reposent jusqu'à six heures. C'est le moment du second lever. Un quart d'heure plus tard, ils sont au chur, chantent prime et assistent à la messe conventuelle. A l'issue de la messe, chacun rentre dans sa cellule, répare le désordre de la nuit, prend les soins qu'exige la propreté, que dicte le goût, afin de rendre agréable ce réduit modeste, dont le mobilier comporte un prie-Dieu, une table, une chaise et le lit plus que sommaire posé sur ses tréteaux. Cela fait, les novices se retrouvent au réfectoire, où les attend un déjeuner frugal, durant les quelques mois de l'année soustraits au grand jeûne.
A huit heures, étude de l'Ecriture sainte. A huit heures et demie, leçon sur les constitutions de l'Ordre, remplacée à certains jours, par une classe de Psaumes, un commentaire des rubriques ou l'étude des cérémonies. A neuf heures, le petit office de la sainte Vierge et le chapelet. A neuf heures et demie, lecture spirituelle à la salle commune, et deux fois par semaine, le chapitre des coulpes, c'est-à-dire l'aveu spontané ou la dénonciation publique, en présence de la communauté réunie, de tous les manquements à la règle, constatés depuis la dernière coulpe, culpa. Le samedi, la coulpe est remplacée par la confession.
A dix heures, oraison en cellule. Une demi-heure après, lecture d'une vie de saint. A onze heures, temps libre. A onze heures vingt, examen particulier, et, deux fois chaque semaine, la discipline. A onze heures et demie, les petites heures du grand office. Viennent ensuite le dîner, la récréation et les vêpres. De deux à trois heures, temps libre. Les vêpres et les complies de la sainte Vierge, une prière à saint Thomas d'Aquin sont récitées à trois heures. A l'issue de cet exercice a lieu le travail manuel : confection de cilices, de chapelets, de disciplines ; préparation des lampes pour le soir, nettoyage du cloître, de la salle commune, du choeur. Les charges les plus humbles, les tâches les plus pénibles incombent aux novices : les frères convers ne pénètrent pas dans le noviciat.
Une classe de chant succède au travail manuel. Puis, temps libre pendant une demi-heure, et la visite au Saint-Sacrement. Il est cinq heures. Les novices psalmodient les matines et les laudes de la sainte Vierge, ou la salutation du bienheureux Jourdain de Saxe. A cinq heures vingt, une classe ; à cinq heures cinquante, la lecture spirituelle en particulier ; à six heures vingt, temps libre ; à sept heures, le souper et la récréation ; à huit heures, complies et prières à l'oratoire. Rentrés dans leurs cellules, les novices se préparent à l'oraison du lendemain. Cet exercice prend un quart d'heure, puis la clochette du noviciat sonne l'extinction des feux. Quelques heures de sommeil sont accordées au corps fatigué, en attendant l'office de nuit, le premier lever du lendemain. [...]
Le lever de nuit et les offices de la nuit et du matin se succédaient à Saint-Maximin, dans le même ordre qu'à Flavigny, mais, dès sept heures un quart, les novices étudiants se préparaient à la classe d'histoire ecclésiastique, d'Ecriture sainte ou de droit canon, qui avait lieu à huit heures. Cette classe terminée, trois quarts d'heure précédaient la classe de philosophie ou de théologie dogmatique. A dix heures trois quarts, un sermon, ou une dissertation, ou une thèse. Le sermon avait pour objet d'habituer l'esprit au développement oratoire ; la dissertation visait le style ; la thèse, dans la langue monastique, porte le nom de cercle, circulus. Elle n'est rien moins qu'une argumentation en forme. A la suite de cet exercice, une étude. De onze heures et demie à trois heures, le règlement redevenait le même qu'au noviciat simple. A trois heures étude. Une heure plus tard, classe de théologie morale dite « lieux théologiques ». A cinq heures étude. A six heures et demie, oraison, lecture spirituelle au chapitre. De rares exceptions, prévues par la règle, modifiaient cet enchaînement ininterrompu d'exercices laborieux. Une part était faite, à de certains jours de la semaine, aux travaux littéraires. Mais ce n'étaient là que de courtes haltes, et, somme toute, la vie d'étudiant au noviciat de Saint-Maximin ne laissait pas d'être pénible. Il y fallait une tension d'esprit incessante.
   
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