Fr. Jean-Marie Gueullette, O.P.

La vie et l'œuvre de Jean-Joseph LATASTE, op (1832-1869)
fondateur des Sœurs dominicaines de Béthanie

- Pâques 1996 -

Page précédenteSommairePage suivante

Document 2. Sermon 90, « Ouverture de la retraite », prêché aux détenues de Cadillac le 15 septembre 1864. (Orig. A.B.)

Ce sermon d'ouverture comprend les grands thèmes qui vont bouleverser les détenues de Cadillac, mais aussi le prédicateur. Il commence par l'interpellation « mes chères sœurs », qui marque une solidarité, une familiarité entre le P. Lataste et les détenues dont il ne se départira plus jusqu'à sa mort. Il les invite à vivre cette retraite comme des retrouvailles avec le Christ qui les poursuit de son amour. Dieu vous aime : une affirmation chrétienne que l'on peut trouver banale, mais qui devient presque subversive dans un tel lieu. Le sermon se termine par une comparaison entre la prison et le couvent, qui n'est pas très originale pour cette époque. L'utilisation du même thème à la fin de la retraite le sera beaucoup plus, puisque le prédicateur osera inviter alors les femmes à imiter non la pénitence des moniales, mais leur contemplation et leur union au Christ.

Une retraite aux prisonnières

de la maison de force

Ouverture69

Ne te laisse pas vaincre par le mal,
mais sois vainqueur du mal par le bien70.
Ceux que j'aime, je les reprends et les corrige71.
Je ne prends pas plaisir à la mort du méchant,
mais à la conversion du pécheur
qui change de conduite pour avoir la vie72.
Celui qu'aime le Seigneur, il le corrige73.
« Ton bâton, ta houlette sont là, qui me consolent 74. »

Mes chères sœurs,

Nous commençons ce matin une petite retraite qui se clôturera dimanche par l'Adoration perpétuelle et je l'espère aussi par une communion générale.

Dieu corrige ceux qu'il aime.

Aujourd'hui, comme entrée en matière, nous allons examiner quel a pu être le dessein de Dieu en vous amenant dans cette maison, car vous le savez, Dieu a l'œil sur tout et de même que rien ne se fait sans qu'il le voie, de même que rien ne se fait sans qu'il l'ait voulu, hormis le péché ; rien ne se fait, hormis le péché, sans que lui-même ait aidé à le faire.

Quel a donc été son but en vous faisant conduire ainsi de force dans cette maison de force ? - de vous châtier, de vous punir pour vos fautes ?.. Oui, sans doute, il y a cela, mais ce n'est encore qu'un motif secondaire. Voulez-vous savoir son premier but et le principal motif de sa conduite à votre égard, écoutez-le lui-même nous parler par son prophète : Moi, dit-il, j'aime à reprendre et à châtier ceux que j'aime75. Oui, dit l'apôtre, c'est celui qu'il aime qu'il châtie. On voit des parents quelquefois qui, par un faux amour, n'ont pas le courage de châtier leurs enfants, et deviennent ainsi pour eux la cause de bien des chutes plus tard, et de bien des malheurs, et peut-être que plusieurs d'entre vous ne seraient pas ici, si leurs parents avaient eu soin de vous corriger dès votre enfance et de punir toutes vos fautes. Car le cœur humain est comme un arbre, quand il est jeune il est facile de lui faire perdre un faux pli, de le redresser quand il penche, mais plus tard, c'est bien plus difficile, il faut le frapper, il faut l'attacher, et encore n'y parvient-on pas toujours ; on le brisera souvent plutôt que de le redresser.

Donc, Dieu ne vous a amenées ici, Dieu ne vous châtie ainsi que parce qu'il vous aime. Ah ! s'il ne vous aimait pas, s'il avait voulu vous perdre, cela lui était bien facile, il n'avait qu'à vous laisser où vous étiez. Car enfin, après tout, les prisons de la terre sont bien peu de chose, même celles que l'on condamne à la réclusion perpétuelle, qu'est-ce après tout que leur réclusion ? Elle aura toujours un terme, dans quelques dizaines d'années, à défaut de la grâce des hommes, la mort viendra les en délivrer. Mais savez-vous la véritable prison perpétuelle, vraiment perpétuelle, vraiment éternelle celle-là, et prison auprès de laquelle les cachots les plus hideux de la terre seraient de véritables palais ? La véritable prison perpétuelle, c'est l'enfer, l'enfer éternel ! Et si Dieu avait voulu vous perdre, si Dieu ne vous aimait pas, c'était bien simple. Il n'avait qu'à vous laisser vivre à votre guise, à vous laisser pécher, commettre des crimes tout à votre aise, avoir l'air de ne rien voir, de ne rien entendre, de ne rien savoir, faire comme s'il n'existait pas... et puis, un beau jour... il était sûr de vous tenir. Il n'a pas besoin de gendarmes, lui, ni de commissaires de police ; ni rien de tout cela. Il n'a qu'à attendre ou à frapper. Un beau jour, la mort tombe sur nous à l'improviste, et alors, qui que nous soyons, bons ou mauvais, empereurs ou mendiants, il nous faut bon gré mal gré, venir à son tribunal, écouter notre acte d'accusation, puis la sentence du grand juge et puis aller où il nous envoie. Et où seriez-vous allées s'il vous avait laissé faire ? - tout droit à l'enfer, n'est-ce pas ? Vous voyez donc qu'il vous aime puisqu'il a pris la peine de vous arrêter au milieu de vos péchés, de vous arrêter au bord de l'abîme, puisqu'il a préféré vous laisser enfermer dans les prisons de cette vie qui passe, que de vous laisser tomber dans ces cachots horribles, épouvantables, de l'Éternité qui ne passe point...

Longtemps il a patienté, il a fait la sourde oreille au bruit de vos péchés, il a fait comme s'il ignorait vos crimes, c'était pour vous rendre le retour plus facile, c'était pour vous mieux laisser les moyens de vous convertir ; et puis, comme, par votre malice, l'impunité ne faisait que vous encourager au mal, qu'a-t-il fait alors ? Voulant à tout prix vous sauver, il vous a livrées à la justice humaine afin de vous empêcher d'abord de continuer vos crimes extérieurs, et ensuite pour vous procurer les moyens de réfléchir, d'entendre les bons conseils de votre si bon aumônier, les sages avis des bonnes sœurs, le moyen aussi d'assister à cette petite retraite et par là d'arriver peu à peu à reconnaître vos fautes, à les confesser et à en recevoir le pardon. « Ceux que j'aime, moi, je les reprends et je les châtie76 »... Vous voyez bien qu'il disait vrai.

Vous êtes mes sœurs.

Voyez encore : je ne sais si vous avez pris garde à ceci : En commençant, comment vous ai-je appelées ? - Mes chères sœurs - Mes chères sœurs ! Comprenez-vous cela ? Que m'êtes-vous après tout ? Hier, je ne vous connaissais pas et dans quelques jours nous nous séparerons peut-être pour ne plus nous revoir ici-bas. Bien plus, vous êtes des femmes dégradées (nous pouvons bien nous dire nos vérités, nous sommes en famille). Vous êtes des femmes dégradées, avilies, mises au ban de la société, si vous sortiez d'ici, si l'on savait d'où vous sortez, on vous montrerait du doigt, on se méfierait de vous, on ne voudrait pas de vous peut-être même pour servante ou pour femme de peine. Je n'approuve point cela, je sais bien que c'est injuste souvent, cruel, tout ce que vous voudrez. Mais enfin, cela est ainsi. Et maintenant je suppose qu'au lieu de vous présenter comme servante ou comme femme de peine, vous alliez trouver une autre jeune fille ou une autre femme de votre âge, et que, lui présentant la main vous lui disiez : Sois mon amie, sois-moi une sœur, je t'aime. Vous la verriez sans doute, si elle savait qui vous êtes, vous la verriez sans doute repousser votre main avec pitié peut-être, mais avec dégoût aussi : Pauvre femme, se dirait-elle, en elle-même, que me demande-t-elle là ? Une voleuse, une reprise de justice, une empoisonneuse, peut-être, une infanticide, que sais-je ? Pauvre femme, voilà du pain si vous en voulez, mais je ne puis pas avoir commerce d'amitié avec vous. Passez votre chemin. Voilà la plus douce réponse qu'on pourrait vous faire.

Et moi, moi, ministre de Dieu, consacré quoique très indigne, au service de ses autels, voué pour toute ma vie à la privation absolue de tout ce dont vous avez abusé, volontairement lié par les vœux perpétuels de pauvreté, d'obéissance et de chasteté, moi je viens à vous de moi-même, sans attendre que vous m'ayez appelé, et vous tendant les mains, je vous appelle : mes bonnes, mes pauvres, mes chères sœurs77. Et ce n'est pas là une parole banale, je suis tout prêt à faire pour vous bien plus encore. Vous n'avez qu'à le vouloir, qu'à le désirer, qu'à vous présenter à la porte du saint tribunal et là, ce ne sera plus un frère seulement que je serai pour vous, ce sera tout ce qu'il y a de plus doux et de plus aimant sur la terre. Vous m'appellerez : mon Père ! et je vous nommerai : « mes enfants » ! Et il s'établira entre nous, si vous le voulez, les relations de la plus franche, la plus sincère, la plus cordiale intimité qui fut jamais ; je vous ouvrirai mon cœur et vous m'ouvrirez le vôtre, et ces liens, quoique ne devant durer que quelques jours, seront si forts et si sacrés, que la mort même ne les pourra détruire et que nous les retrouverons au Ciel un jour, si nous y allons vous et moi !..

Et d'où vient que vous m'êtes si chères, vous que le monde oublie et méprise ?.. C'est que nous sommes les ministres d'un Dieu qui vous aime malgré vos souillures, d'un amour sans égal ici-bas, d'un Dieu qui vous poursuit de son amour sans cesse, qui, maintenant encore, à l'instant où je vous parle, se tient invisiblement à la porte de votre cœur, et se sert de mes paroles pour frapper à votre porte et vous dire tout bas : « Pauvre enfant, donne-moi ton cœur78. » - « Reviens à moi et je reviendrai à toi79. » O âme, ô âme, retourne au Seigneur ton Dieu, « Jérusalem, Jérusalem, reviens au Seigneur ton Dieu80. » Reviens pécheur, à ton Dieu qui t'appelle, reviens à lui puisqu'il revient à toi...

Si vous saviez comme il est bon ce grand Dieu dont vous vous êtes séparées et qui vous rappelle. Si vous saviez comme il fait bon l'aimer et vivre dans son amitié ! Quelques-unes d'entre vous l'ont connu peut-être par expérience. Oui, il est bien probable, et j'en suis assuré, il en est parmi vous qui ont reçu une éducation chrétienne, pieuse même, qui ont fait leur première communion de tout leur cœur, qui depuis ont passé quelques mois, quelques années peut-être, dans la piété, dans l'innocence, dans ces douces et enivrantes joies d'une âme qui se sent vivre aimée de Dieu, appuyée sur sa main, en paix avec Dieu, en paix avec elle-même, en paix avec tout ce qui l'entoure. Mais que sont devenus ces beaux jours, où sont toutes ces joies ?.. Elles se sont séparées de Dieu et tout bonheur a été perdu ; elles ont roulé de faute en faute jusqu'ici. Pauvres âmes, que je vous plains et que je vous aime aussi malgré vos chutes et que je voudrais être la main de Dieu qui va vous aider à vous relever.

Vous, du moins, vous m'avez compris, vous me comprenez quand je vous parle du bonheur que l'on goûte à servir Dieu et à l'aimer, vous n'avez pour cela qu'à vous souvenir de vos premières années. Il en est d'autres parmi vous qui n'ont pas eu ce bienfait d'une éducation bien chrétienne et qui sont tentées de traiter ce bonheur de pure chimère. Et cependant, vous-mêmes, vous pouvez me comprendre par un rapprochement.

Comparaison avec la vie des religieuses.

Vous n'êtes pas heureuses ici, n'est-ce pas ? Ces travaux incessants, ces grands murs, ces portes impitoyables qui ne s'ouvrent jamais, cet affreux silence que rien ne vient briser et qui vous met sans cesse en face de vous-mêmes, cet esclavage continuel, ces règles, ces ordres, ces maîtres et ces maîtresses auxquels il vous faut obéir tout le jour, cette privation de toutes les aises et de toutes les joies de la vie, cette pauvreté complète... surtout cet éloignement de tous ceux qui vous sont chers, de tous ceux que vous avez aimés dans la vie, de vos pères, de vos mères, de vos frères, de vos sœurs, de votre mari peut-être, peut-être de vos enfants que vous aimez encore et beaucoup, malgré vos fautes, tout cela est bien dur, n'est-ce pas ? bien pénible, bien navrant ?

Et cependant, il est d'autres âmes qui étaient libres, qui étaient riches souvent, jeunes, entourées de toutes les aises et de toutes les séductions et qui, volontairement, ont renoncé à toutes ces choses, à toutes les espérances et à toutes les joies du monde, se sont volontairement arrachées aux bras de leurs mères, de leurs sœurs, de tout ce qu'elles aimaient au monde, et à leur place ont choisi ce que vous avez là : des murs, des portes closes, le travail, le silence, l'obéissance continuelle, la pauvreté la plus stricte, la privation de toutes les aises et de toutes les joies de la vie, même les plus douces et les plus légitimes... Ce sont les religieuses, les Carmélites, les Trappistines, les Capucines, les Dominicaines... Eh ! qui donc a pu déterminer ces âmes à un tel renoncement et à un tel choix ? Ou bien elles sont folles, ou bien elles n'ont fait cela que dans l'espoir d'avoir mieux que tout ce qu'elles ont quitté et il faut bien que leur espoir n'ait pas été trompé car si vous pouviez, comme certaines personnes, les aborder de près et venir furtivement prêter l'oreille à leurs entretiens durant les récréations, vous les entendriez rire et de si bon cœur, et si fort quelquefois que Ste Thérèse81 (murs élevés... rire tout à leur aise...)

Quant à celles qui n'ont pas de récréations, si vous pouviez, comme il est donné aux prêtres, descendre dans leur âme au saint tribunal, vous y verriez une paix, une joie, une suavité, un bonheur à faire pleurer d'envie toutes celles que l'on est convenu de nommer les grands, les privilégiés et les heureux du monde.

Et qui les rend heureuses ainsi au milieu de tant de privations, et au sein d'une vie aussi rude ; une seule chose, l'Amour de Dieu. Aimer Dieu et en être aimées, en attendant les joies du Ciel. Voilà le bonheur sur la terre, avec cela les sujets de souffrances eux-mêmes leur deviennent des sujets de joie, car elles souffrent pour Dieu et le Ciel où nous ne souffrirons plus ; l'une des plus grandes et des plus douces joies de la vie est de souffrir pour ceux que l'on aime. Celles-là me comprennent qui ont jamais aimé, s'il en est ici.

Et cette joie vous pouvez la goûter. Oui, ces murs, ces travaux, ce silence, cette pauvreté, cette servitude, cet éloignement de ceux qui vous sont chers, cette privation de toutes les joies... toutes ces choses si dures que vous subissez de force, vous pouvez les rendre volontaires et méritoires devant Dieu, méritoires pour le Ciel si, après vous être réconciliées avec lui, vous les acceptez désormais avec résignation, et les lui offrez en expiation de vos fautes et comme preuve du désir que vous avez de l'aimer désormais et de lui être fidèles82.

Oh ! je vous en supplie, faites ainsi. Ayez pitié de votre âme, nous dit le prophète, en vous rendant agréables à Dieu83. Que ce soit là la première résolution de cette retraite. Pensez-y le soir et renouvelez-la bien des fois avant de vous endormir. Je vous avais promis de vous montrer dans quel but Dieu (qui est si bon cependant puisqu'on le nomme le bon Dieu) dans quel but le bon Dieu vous avait ainsi amenées dans cette maison de force, vous le savez maintenant, je vous l'ai dit. C'est parce qu'il vous aime, et que ceux qu'il aime il les châtie. C'est parce qu'il voulait vous rapprocher de lui - « Je la conduirai dans le silence et je parlerai à son cœur84. » C'est ce qu'il a dit des âmes religieuses qui ont répondu à son appel. C'est ce qu'il a dit de vous aussi, mais parce que vous n'avez pas voulu le suivre de bon gré, il vous a entraînées de force. Reconnaissez donc votre faute, reconnaissez votre erreur. Retournez-vous vers lui désormais et dites-lui de bon cœur : Mon Dieu, mon Dieu, me voici. Vous êtes mon père, pardonnez-moi. Recevez-moi dans vos bras. je veux vous aimer désormais, me voici. Prenez-moi. Je veux être à vous. Je suis à vous.


69 . Titre de l'auteur.

70 . Rm 12, 21. Citation en latin en tête du sermon : Noli vinci a malo, sed vince in bono malum.

71 . Ap 3, 19. Citation en latin : Ego quos amo arguo et castigo.

72 . Ez 33, 11. Citation en latin : Nolo mortem impii sed ut convertatur impius a via sua et vivat.

73 . He 12, 6 ; Pr 3,12. Citation en latin : Quem enim diligit Dominus castigat.

74 . Ps 22, 4. Citation en latin : Virga tua et baculus tuus ipsa me consolata sunt.

75 . Ap 3, 19 précédé du texte latin : Ego quos amo arguo et castigo.

76 . Ap 3, 19 Citation en latin : Ego quos amo arguo et castgo.

77 . Plus paternel, plus lyrique, se refusant sans doute à une telle familiarité, l'abbé Laroque commençait, en mai 1844, une retraite à la maison centrale d'Eysses dans des termes assez voisins : « A la vue d'un si nombreux et si triste auditoire le coeur perd son courage et demeure un instant glacé. Cependant, je viens cicatriser les plaies de votre âme, pauvres détenus, je viens vous consoler [...] Oh ! je pourrais vous demander compte de toutes les larmes que vos égarements ont fait répandre, mais je suis désarmé par la présence de toutes ces infortunes ; ministre d'un Dieu souverainement bon, je vous ouvre les biens de la charité. Mes amis, tout n'est pas désespéré : relevez la tête. Lorsque vous aurez satisfait à la justice humaine et retrempé votre âme aux sources fécondes de la foi, je pourrai vous dire avec plus de force encore : Relevez la tête. Qui oserait vous insulter ? Vous fûtes coupables, mais vous avez subi votre peine ; relevez la tête et marchez avec courage ; qu'un passé douloureux tempère pour vous l'amertume de la vie. Les juges de la terre n'ont plus rien à vous demander, le juge du ciel vous offre les trésors de son ineffable miséricorde ». Le Bagne, op. cit., p. 33-35 .

78 . Pr 23, 26, en français, suivi du texte latin : Proebe fili mi cor tuum mihi.

79 . Ml 3, 7 ; cf Za 1, 3.

80 . Verset qui termine chaque lecture des Lamentations de Jérémie dans l'office des ténèbres du triduum Pascal. En latin dans le texte : Jerusalem, Jerusalem convertere ad Dominum Deum tuum.

81 . Cette allusion laconique à un texte de sainte Thérèse où elle parlerait de la possibilité de rire à l'aise à l'abri des murs du couvent semble ne pouvoir reposer que sur une traduction peu sûre ou une biographie de valeur historique douteuse. Dans les textes authentiques, elle parle de la récréation comme d'un temps important de la vie communautaire, mais pas dans ces termes.

82 . Il est courant de prêcher la résignation à ceux qui souffrent. L'originalité du Père Lataste est ici de faire appel non pas à une résignation passive, mais à un choix volontaire des conditions de vie imposées aux détenues, alors que celles-ci semblaient condamnées à l'absence de volonté et de désir, incapables de toute initiative. Il le fait de plus dans un but d'identification aux religieuses contemplatives qui semblaient alors être le sommet de la hiérarchie spirituelle. L'identification d'une prison centrale à un monastère est une image extrêmement forte.

83 . Il n'y a pas de référence pour cette phrase dans les prophètes. Il s'agit d'une traduction de Si 30, 24 selon la Vulgate Miserere animæ tuæ placens Deo. On trouve une traduction identique avec la même allusion imprécise à un prophète dans le manuel de prédication de l'abbé barbier, Les Trésors de Cornelius a Lapide, Paris, Julien Lanier, 1856, t.1, p. 427, rubrique « Conversion. ».

84 . Os 2, 14 en français, suivi du texte latin : Ducam eam in solitudinem et loquar ad cor ejus.

Page précédenteSommaireHaut de pagePage suivante

© DOMUNI, Toulouse, 2002 - Tous droits réservés
http://biblio.domuni.org