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DOMUNI
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Fr. Jean-Marie Gueullette, O.P.
La vie et l'uvre de Jean-Joseph LATASTE, op (1832-1869)
fondateur des Surs dominicaines de Béthanie - Pâques 1996 -
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Document 7. Sermon 95, « Marie-Madeleine85 », prêché aux détenues de Cadillac le 17 septembre 1864. (Orig.A. B.).Après l'évocation du bon larron, c'est la pécheresse convertie qui est sollicitée pour montrer la voie aux détenues. Elle a su comme lui s'ouvrir à la grâce, accueillir le pardon et la dignité offerts par Dieu. De plus, elle a su utiliser pour son retour vers Dieu ce qui l'avait conduite au mal. Pour elle, comme pour les détenues, il ne s'agit pas de renoncer à ce que l'on est, à ses aspirations profondes, mais de les appliquer à un objet qui en vaille la peine. « Beaucoup de péchés lui sont remis [ Le plus souvent il ne suffit pas d'un acte Le88 bon larron après une vie passée dans le crime a trouvé au moment de la mort le repentir et le pardon de ses péchés ; mais c'est là un fait tout exceptionnel, une grâce toute singulière, et ce serait plus que de la présomption, ce serait de la folie que d'y compter. Car si Dieu a voulu donner cet exemple de conversion parfaite à la dernière heure afin de soutenir notre espérance jusqu'à la fin, il nous a donné trop d'exemples contraires (Caïn, Judas, le mauvais larron et tant d'autres) pour ne pas nous donner lieu de craindre que, selon l'avertissement des Prophètes, si vous ajournez sans cesse votre conversion, vous ne finissiez par mourir dans votre péché. Le moyen de n'avoir pas à craindre une mauvaise mort et la damnation, c'est de se convertir durant la vie et le plus tôt possible sans délai ; aussi bien, ce qui vous semble aujourd'hui la plénitude de la vie, n'est-ce pas déjà pour quelques-unes de vous l'avant-veille de la mort ? Serez-vous toutes ici dans un an ou seulement à la fin de l'année ? Combien manqueront à l'appel ? Combien auront cessé de vivre ? Combien auront comparu devant le tribunal du redoutable juge ? Que vous serez heureuses alors si vous avez suivi le conseil que je vous donne aujourd'hui : Ne tardez plus de vous convertir au Seigneur et ne différez plus ainsi de jour en jour. Le moyen assuré d'échapper à la damnation et d'être admises aux banquets du ciel, c'est de vous convertir dès la vie, à l'exemple de Madeleine, de vous convertir résolument et de tout cur. Et que faut-il pour une conversion complète ? Madeleine va vous l'enseigner. Et quels sont les fruits d'une conversion complète ? Vous l'apprendrez encore par l'histoire de Madeleine. I L'onction chez Simon le pharisien. Il arriva un certain jour qu'un pharisien invita Jésus à manger avec lui. Jésus, qui ne savait refuser aucune occasion d'instruire et de sauver les âmes, entra chez le pharisien et se mit à table avec lui. Le bruit s'en répandit bientôt. Il estimait sans doute qu'en invitant le Sauveur à sa table, c'était faire un grand honneur, lui, riche, et l'un des personnages importants du pays, au Fils de l'homme qui n'avait pas seulement où reposer sa tête. Mais Jésus jugeait autrement89. Or, tandis qu'ils étaient à table, une femme connue dans la ville pour une pécheresse, apprenant que Jésus était là, entra dans la maison du pharisien apportant avec elle un vase, et, se tenant humblement par derrière aux pieds de Jésus, elle commença à les arroser de ses larmes, et elle les essuyait de ses cheveux, et elle les couvrait de ses baisers, et elle les oignait de son parfum. - Ce que voyant, le pharisien se disait en lui-même : Si cet homme-là était prophète, il saurait bien quelle est cette femme qui le touche et qu'elle est une pécheresse. - Et Jésus, qui lisait dans son cur, répondant à sa pensée intime : Simon, lui dit-il, j'ai quelque chose à te dire ! - Parlez, Maître, lui répondit Simon. - Un créancier avait deux débiteurs. L'un lui devait cinquante et l'autre cent deniers ; or, comme ils ne pouvaient acquitter leur dette, il la leur remit à tous deux. Qui penses-tu qui dût l'aimer davantage ? - J'estime, répondit Simon, que c'est celui à qui il avait plus remis. - Tu as bien jugé, repartit le Sauveur. - Et se tournant vers la femme, il dit à Simon : Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison, et tu ne m'as pas donné d'eau pour laver mes pieds ; mais elle, depuis qu'elle est entrée, elle n'a cessé d'arroser mes pieds de ses larmes et de les essuyer de ses cheveux. - Tu ne m'as pas donné le baiser en entrant, mais elle depuis qu'elle est entrée, n'a pas cessé de baiser mes pieds. - Tu n'as pas embaumé ma tête, mais elle, elle a couvert mes pieds de parfum. - C'est pourquoi je te le dis : Beaucoup de péchés lui sont remis parce qu'elle a beaucoup aimé. Celui à qui il est moins remis, c'est qu'il aime moins90. Et se tournant vers Madeleine, car c'était elle : Vos péchés vous sont remis. Votre confiance vous a sauvée. Allez en paix91. Oh ! la douce et l'ineffable parole ! Et vous aussi, pauvres âmes, vous pouvez l'entendre, cette parole divine au fond de votre âme aussi pleine et entière que Madeleine ; si vous repentant comme elle vous allez à Dieu avec confiance, si vous faites ensuite ce qu'elle a fait..., trois choses : braver la honte et l'humiliation publique, - employer à Dieu ce qu'elle employait au péché, - vivre pénitente92. Et d'abord elle s'est repentie puisqu'elle est venue en pleurant solliciter son pardon. Elle est venue avec toute confiance, ne doutant pas que si grandes que fussent ses fautes, la bonté de Jésus était encore infiniment plus grande et plus immense. Alors, elle est venue, elle n'a pas hésité, elle n'a pas reculé devant la honte et l'humiliation publique, rien ne coûte à qui se repent et soupire ardemment après le pardon. Elle n'a pas eu d'aveu à faire car ses fautes étaient connues de tous et d'ailleurs le médecin divin auquel elle s'était adressée lisait jusqu'aux plus profonds replis de son âme ; elle n'a pas eu d'aveu à faire, mais à défaut de ses lèvres, son arrivée, ses actes, son attitude, n'était-ce pas un aveu public, quoique tacite, de son infamie ? Elle accepte tout, les murmures et l'indignation des convives, elle accepte tout, elle boira le calice de l'humiliation jusqu'à la lie, s'il le faut. Une seule chose l'occupe : elle a trouvé Jésus, son Sauveur, elle le tient, elle ne le lâchera point, elle ne le laissera pas aller qu'il ne l'ait bénie... Seigneur, semble-t-elle lui dire avec une sainte audace et une confiance vraiment héroïque, me voici à vos pieds, Seigneur, et si misérable que je sois à tous égards, je ne crois pas trop présumer de votre miséricorde que d'attendre votre pardon, - Seigneur, je ne me relèverai point ; je ne sortirai pas d'ici que vous ne m'ayez accordé le pardon que je vous demande ; et elle l'a obtenu. Que n'obtiendrait-on pas de Dieu quand on le lui demande avec humilité et persévérance. Vous savez le trait de la Chananéenne : « Jésus étant sorti, se dirigea vers les frontières de Tyr et de Sidon. Mais il eut beau entrer dans une maison pour qu'on ignorât son arrivée, le bruit s'en répandit aussitôt, et voici qu'une femme de Chanaan, race méprisée des Juifs et réputée impure, aussitôt qu'elle entendit parler de sa venue, vint à lui, car elle avait une fille tourmentée de l'esprit impur ; et elle criait : Seigneur, fils de David, ayez pitié de moi, - ma fille est affreusement tourmentée du démon. - Et Jésus ne répondait rien, feignant de ne pas l'entendre. Et ses disciples s'approchant lui dirent : Je vous en prie, renvoyez cette femme, car elle ne cesse de crier après nous ; mais Jésus leur répondit (écoutez bien, ô pauvres âmes tentées peut-être de désespoir) : Non, dit Jésus, car je n'ai été surtout envoyé sur la terre que vers les brebis perdues de la maison d'Israël. Et elle, entrant aussitôt se jeta à ses pieds et, l'adorant, lui dit : Seigneur, venez à mon aide, et elle le suppliait de délivrer sa fille du démon qui l'obsédait. Mais lui, feignant une dureté qui était loin de son cur : Laissez-moi, lui dit-il, je dois avant tout nourrir les fils ; et il ne convient pas de prendre le pain des enfants et de le jeter à des chiens. - Il est vrai, Seigneur, répondit humblement la pauvre femme, - mais aussi, les petits chiens ne vont-ils pas sous la table recueillir les miettes qui tombent de la main des enfants. - O femme, ô femme, s'écria Jésus, grande est ta confiance, qu'il te soit fait comme tu l'as voulu. - Et dès cette heure sa fille fut guérie93. » Voilà ce que peuvent sur le cur de Jésus la persévérance et l'humilité et surtout la confiance. Mais revenons à Madeleine, car il nous reste encore une leçon à tirer du récit de sa conversion. Consacrez à Dieu ce que vous avez consacré au péché. Avez-vous remarqué ceci : C'est qu'elle se sert pour exprimer au Sauveur son repentir et son amour des mêmes choses qu'elle employait autrefois au péché, et à témoigner aux misérables créatures ses amours criminelles : ses parfums, ses baisers, ses cheveux... elle les emploie au service du Sauveur ; et les purifie à ce contact sacré. C'est ainsi qu'il faut faire. Il n'est rien de bon qui ne nous vienne de Dieu et qu'il ne nous ait donné pour l'aimer. Ces dons de la libéralité de Dieu, les hommes les emploient bien souvent à des uvres mauvaises ; vous-mêmes, Dieu vous avait donné bien des facultés peut-être : la jeunesse, la santé, les avantages extérieurs peut-être, peut-être une âme ardente et capable des grandes et nobles affections, une intelligence ouverte, pénétrante, peut-être, capable de comprendre et de goûter les grandes et solides joies de la piété et de la foi... et tous ces dons de Dieu vous en avez abusé contre Dieu lui-même. Que vous reste-t-il à faire, maintenant que vous êtes résolues à vous convertir à lui ? - Allez-vous essayer de vous dépouiller de toutes ces choses par la raison que vous les avez employées au péché ? Allez-vous maudire votre jeunesse, votre santé, votre âme ardente ? Allez-vous essayer de tuer votre cur et charger de fers votre intelligence ?.. Non, non, mille fois non ; et sans compter que vous n'aboutiriez pas peut-être, ce n'est pas là ce que Dieu demande de vous. - Toutes ces choses c'est lui qui vous les a données, et il veut que vous en usiez pour le bien. Reportez tout cela vers lui, dépensez à l'aimer et à le servir désormais, dépensez à expier vos fautes et à lui faire oublier le passé, toute la force de votre âge, toute l'activité de votre âme, toute la lumière de votre âme, tout l'élan et toutes les tendresses de votre cur. - Suivez le conseil de l'apôtre : « Ne faites pas de vos membres des armes d'iniquité ; mais donnez-vous à Dieu et désormais devenus vivants, de morts que vous étiez, consacrez-lui ces mêmes membres et faites-en, à son service, des armes de justice et de sainteté. Et comme vous avez fait autrefois servir les membres de votre corps à l'impureté et à l'injustice pour commettre l'iniquité, faites-les servir maintenant à la justice pour votre sanctification94. » Suivez l'exemple de Madeleine, et consacrez à Dieu désormais tout ce que vous avez de vie, et tout ce que vous avez de bon en vous ; tout ce que vous aviez jusqu'ici consacré au service de vos passions et au péché ! II Vous que les hommes méprisent vous serez les bien-aimées de Dieu. Et qu'arrivera-t-il si vous faites ainsi ? Voici ce qu'il adviendra : Vous que les hommes dédaignent, méprisent peut-être, soit à cause de vos crimes anciens rendus publics, soit à cause de la sentence infamante qui pèse sur vous, vous que les hommes dédaignent et méprisent, vous serez les bien-aimées de Dieu, les enfants de prédilection, les âmes chéries du Sauveur. Les hommes ne voudraient pas de votre amitié, et Dieu, lui, l'accepte et vous donne la sienne en échange. En vous voyant, le monde dirait : Pauvres femmes, pauvres jeunes filles, les voilà mises au ban de la société, le rebut et l'écume du peuple ; et en vous regardant avec amour, vos anges gardiens diront : Heureuses âmes, pauvres, souffrantes et humiliées selon le monde, elles possèdent dans le secret et dans le mystère de leur cur le plus grand des trésors, la plus glorieuse de toutes les gloires, la plus douce de toutes les joies : elles sont aimées de leur Dieu. On les croit souillées, mais non, elles ont recouvré dans les larmes du repentir comme une seconde innocence95, on les croit vides de bonnes uvres, mais chacune des souffrances qu'elles endurent tous les jours en esprit d'amour et de pénitence, est inscrite au Livre de vie et leur sera comptée au centuple un jour. - On les croit privées de la liberté, mais au lieu que leur âme était esclave autrefois dans un corps libre, aujourd'hui dans des membres chargés d'entraves elles ont recouvré pour leur âme la saine liberté des Enfants de Dieu. Le monde les dédaigne, mais elles sont aimées de Dieu. Jésus les aime d'un amour de prédilection. Oui, n'en doutez pas, d'un amour de prédilection. Ne vous le disais-je pas hier d'après Notre Seigneur lui-même : Il y a plus de joie au Ciel, et par conséquent plus d'amour dans le cur de Dieu, pour une seule âme pécheresse qui revient à repentance que pour quatre-vingt-dix-neuf âmes qui n'ont pas besoin de conversion. Oui, voici une chose qui va vous paraître bien hardie peut-être, bien hasardée et difficile à croire, et cependant, n'en doutez pas, elle est parfaitement sûre et certaine. Oui ; si vous le vouliez, vous pourriez arriver avec vos souillures passées, à être plus aimées de Dieu même que les âmes qui n'ont jamais failli. Savez-vous comment ? En l'aimant davantage. Oh ! sans doute l'innocence, la pureté, l'humilité, sont des vertus bien chères au cur et les avoir perdues, ne fût-ce qu'une fois, ne fût-ce qu'un instant, est un bien grand malheur, mais ce que Dieu aime plus encore que toutes ces choses, ce que Dieu aime par-dessus tout, c'est d'être aimé ! Madeleine n'a été tant pardonnée ici-bas que parce qu'elle a beaucoup aimé, de même pour vous assigner une place dans son cur et plus tard dans son Ciel, Dieu ne vous demandera pas si vous êtes demeurée toujours pure, toujours fidèle, il vous demandera si vous l'aimez beaucoup. Que vous ayez été dégradée, souillée de bien des crimes, c'est un grand mal, mais Dieu est assez puissant pour effacer tout cela et vous rendre votre innocence première, si seulement vous l'aimez beaucoup. Et si vous l'aimez plus que les âmes restées fidèles, vous aurez aussi une place plus avant dans son cur et plus haut dans son Ciel. Or, vous avez pour l'aimer des excitants, des aiguillons que n'ont pas les âmes pures. Le souvenir de vos péchés, de vos ingratitudes passées, le désir de les faire oublier, et de prendre, pour ainsi dire, votre revanche sur le démon et sur vous-même, ce je ne sais quoi enfin, qui fait qu'une amitié renouée est plus étroite et plus forte souvent que celles que rien n'a jamais brisées, toutes ces choses sont autant d'aiguillons qui vous stimulent à aimer et que n'ont pas les âmes saintes, de là vient que plus d'une fois elles se sont laissé devancer sur les voies du Ciel par des âmes autrefois pécheresses. Voyez encore Madeleine, la pécheresse publique. Marthe, sa sur, était toujours demeurée pure et elle aimait le Sauveur aussi et cependant elle ne sut pas aimer comme Madeleine. Un jour96... Marthe s'empressait à le servir ; Madeleine s'employait à l'aimer et ne savait rien faire autre chose ; elle ne prenait pas grand-peine, assise aux pieds de Jésus, sans mouvement, sans paroles, elle regardait, elle écoutait, elle aimait... et que dit le Sauveur ? - Marthe, Marthe... point ôtée. Oui, Madeleine, malgré ses grandes chutes, a plus aimé Jésus que Marthe, l'âme vierge, l'âme toujours pure ; et dans le Ciel elle a certainement une place au-dessus de grand nombre de femmes et de jeunes filles qui se sont sanctifiées dans la virginité et l'exact accomplissement de tous leurs devoirs ; parce qu'ayant plus péché, du moins elle a plus aimé ! Je ne sais même pas si là-haut, au grand jour des révélations dernières, nos yeux étonnés ne contempleront pas Madeleine, l'ancienne pécheresse, occupant auprès du Sauveur une place au-dessus de toutes les autres femmes, la première place après la Vierge Immaculée, la sainte Mère de Dieu !.. Il y a quelque temps - Saint-Maximin - Procession 97 - 7 évêques - 200 prêtres et moines - vierge - foule décors - Qu'est-ce donc ? Est-ce Jésus sous les voiles du pain... Non, c'est un crâne, une tête décharnée, une tête de femme... C'est le chef de sainte Madeleine... Sainte-Baume... C'est ainsi que la grâce de Dieu peut relever les âmes tombées et d'un monceau de boue, d'un vase de honte et d'ignominie, faire un vase de gloire, d'honneur et de sainteté !.. Voilà ce que vous pouvez devenir vous-même, ce que peut-être quelqu'une d'entre vous est appelée à devenir quelque jour si elle se montre désormais fidèle à la grâce, car ce qui est arrivé à Madeleine, d'autres l'ont réalisé - Augustin, Marie l'Egyptienne, Marie la pécheresse, Thaïs et tant d'autres. Eh ! pourquoi donc ne pourriez-vous pas ce que ceux-ci et celles-là ont pu ? Vous le pouvez et vous y travaillerez. - Et vous allez y travailler dès cette heure en réclamant l'absolution du prêtre et prenant aux pieds de Dieu dans la ferveur du repentir des résolutions énergiques et salutaires pour l'avenir ; et demain, vous irez puiser à la sainte table la force de les accomplir. 85 . Sermon prononcé le soir du samedi 17 septembre 1864. Titre de l'auteur. 86 . Lc 7, 47. Citation en français en tête du sermon, précédée du texte latin : remittuntur ei peccata multa, quoniam dilexit multum 87 . Note marginale ajoutée au crayon, en regard de la citation biblique. Les ajouts au crayon ont très probablement été faits durant la retraite, à la prison, comme le montre une phrase insérée dans le dernier sermon. 88 . En marge de ce texte, on peut lire une note au crayon : « Type de la vraie pénitence - Pleurer ses péchés - les racheter par la pénitence et l'amour. S. Baume. Procession de Ste Madeleine à St Maximin. Madeleine au ciel. La Samaritaine - persistante humilité. Plus de joie au ciel pour un seul pécheur. » 89 . Ces deux dernières phrases ont été ajoutées au crayon. 92 . Cette ébauche de plan est inscrite au crayon en marge. Seules les deux premières parties sont traitées dans la suite du sermon. Le P. Lataste retrouve facilement la figure de Marie-Madeleine dans divers textes de l'Écriture qu'il aime commenter (l'épisode de la femme pécheresse chez Simon le pharisien, les épisodes situés à Béthanie et l'apparition du matin de Pâques), mais il semble toujours éprouver une certaine réticence à reprendre à son compte ce qui dans la tradition provençale de la Sainte-Baume semble être la légende de Marie l'Égyptienne, c'est- à- dire les trente années de pénitence dans la solitude. Il est en effet difficile d'affirmer en même temps l'innocence retrouvée dans le pardon de Dieu et la pénitence vécue dans les larmes une vie durant. Le prédicateur semble éprouver la même difficulté à l'égard des détenues : il ne parlera pas de pénitence dans la troisième partie du texte que nous lisons mais de miséricorde offerte et d'amour rendu à Dieu. 95 . Première affirmation de ce qui sera repris solennellement dans la conclusion du sermon suivant et qui est à la base du projet de Béthanie : pourquoi continuer à considérer comme des criminelles celles que Dieu lui-même a pardonnées et rendues à l'innocence ? 96 . Allusion en style télégraphique à la scène de Lc 10, 38-42, que le prédicateur connaissait suffisamment pour la raconter sans notes. 97 . Le P. Lataste a été vivement impressionné par cette cérémonie de translation des reliques qui eut lieu à Saint-Maximin le 20 mai 1860, (voir p. 105) il en parle souvent dans ses prédications sur Marie-Madeleine, dans ses visites aux pensionnaires des refuges. Son souvenir devait être très vif car on ne trouve aucune rédaction de ce récit dans ses sermons, il lui suffit de noter quelques mots pour pouvoir en parler avec émotion. (On trouve une allusion à ces prédications dans la lettre 430 du 2 janvier 1865 au P. Nespoulous reproduite intégralement p. 153). Il faut donc avoir recours à un récit dont il n'est probablement pas l'auteur pour se faire une idée plus précise de ce qui s'est passé ce jour-là. Il s'agit du récit anonyme d'un frère dominicain, publié dans le journal du tiers ordre, L'Année dominicaine, en juin 1860, le texte est reproduit p. 131. |
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