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DOMUNI
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Fr. Jean-Marie Gueullette, O.P.
La vie et l'uvre de Jean-Joseph LATASTE, op (1832-1869)
fondateur des Surs dominicaines de Béthanie - Pâques 1996 -
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Les questions majeures traitées par les fondateurs.Le supérieur de Béthanie.Malgré son désir de ne jamais être considéré comme le fondateur de l'uvre de Béthanie, le serviteur de Dieu s'est rapidement trouvé dans une situation difficile à spropos de la désignation du supérieur canonique de l'uvre. Il envisage naturellement de demander à l'ordinaire du lieu d'être le supérieur de la fondation, puisque c'est l'usage pour les religieuses en France59, mais le cardinal Mathieu, malgré la bienveillance qu'il manifeste à l'égard de la fondation de Béthanie, refuse ce supériorat : L'uvre, comme je vous l'ai dit, me paraît hérissée de difficultés, et je ne peux ni ne veux en accepter la supériorité ni la donner à personne du diocèse. Ce sera à vous ou à votre délégué du même ordre à la diriger, et je n'interviendrai que comme ordinaire pour la surveillance60. Ne pouvant à aucun titre ni directement, ni indirectement me charger de l'uvre des Réhabilitées, je ne puis trouver mauvais, et même trouverai très bon, que votre Révérend Père général en prenne l'autorité et la direction61. Déçu de ne pouvoir compter sur une autorité proche, le serviteur de Dieu se tourne vers le P. Jandel. Celui-ci lui fait répondre rapidement qu'il lui est impossible d'accepter une telle responsabilité62. C'est donc à contre-cur que le P. Lataste se voit chargé d'une responsabilité directe à l'égard de Béthanie « comme un véritable fondateur63 ». Durant les quelques années qui séparent la fondation de Béthanie de la mort du serviteur de Dieu, si on considère celui-ci comme pris entre deux instances dont il dépend et qui ne veulent pas assumer la responsabilité de la fondation, on peut constater que, peu à peu, l'un des pôles, la province de France, se retire nettement et cherche à obtenir le retrait du P. Lataste, tandis que l'autre pôle, qui est le cardinal Mathieu, se renforce. Le prélat, qui n'avait pas voulu couvrir de son autorité la fondation ne cesse de manifester son intérêt pour ce qui se passe à Frasnes et son soutien au serviteur de Dieu et à M. Henri-Dominique. Il accorde avec générosité les permissions et les dispenses qui lui sont demandées. Le 15 février 1868, il reçoit le P. Lataste et lui accorde l'approbation de la formule de profession de Béthanie64 et de l'ensemble du cérémonial65 que le serviteur de Dieu lui a soumis66, tout en demandant qu'y soit supprimée la désignation de l'archevêque de Besançon en tant que supérieur général que le P. Lataste avait cru bon d'insérer, pour « manifester l'honneur dû à l'évêque diocésain, puisqu'il n'est aucune communauté religieuse de femmes en France qui ne relève directement de l'évêque67 ». L'évolution du projet béthanien.S'il est clair que le serviteur de Dieu a « reçu » le projet de ce qu'il appellera toujours « l'uvre de Dieu » en priant avec les détenues de Cadillac devant le Saint-Sacrement, et qu'il n'a jamais voulu dévier de cette intuition originelle, il est également frappant de constater qu'il a laissé mûrir cette intuition et que sa façon de concevoir la nouvelle congrégation a été façonnée par les enseignements qu'il a su tirer des premières étapes de la vie de la communauté et des échanges avec M. Henri-Dominique. Dans les semaines qui précèdent la fondation, on trouve la trace du caractère symbolique, prophétique disions-nous plus haut, de la fondation de Béthanie. Alors qu'il déploie toutes ses énergies pour rendre possible la fondation, le serviteur de Dieu écrit à M. Henri-Dominique : Je crois que peu de réhabilitées pourront arriver à la pleine vie religieuse ; il suffit qu'elles puissent y arriver ; que cette perspective leur soit ouverte ; qu'elles aient cette espérance pour les soutenir, les encourager, les stimuler. Et je crois que Dieu nous enverra dans le nombre des âmes exceptionnelles. Mgr de Nancy pense que nous en trouverons qui monteront plus haut que bien des surs68. De même quelques jours plus tard : Je ne crois pas que beaucoup de nos pauvres filles pourront faire de vraies religieuses, mais je crois que, dans le nombre, Dieu se fera parmi elles des âmes exceptionnelles, des saintes ; les autres resteront au rang de petites surs ou simplement de simples réhabilitées. L'important est que vos bras leur soient ouverts sans limite, et qu'elles aient l'espérance et le stimulant à la fois de pouvoir monter, monter toujours vers Dieu sans rencontrer de barrières infranchissables. Cela suffit à faire de l'uvre une uvre exceptionnelle, et qui était nécessaire, n'y eût-il qu'une ou deux à en profiter pleinement69. Au mois d'octobre 1866, le serviteur de Dieu est amené, à propos de plusieurs postulantes qu'il décrit à M. Henri-Dominique, à préciser un point fondamental de l'équilibre d'une communauté de Béthanie, la discrétion absolue sur le passé : Je désire que nulle excepté vous ne sache de nos enfants la cause ni la durée de leur détention. Il faut que le passé soit absolument enterré, mis dans la tombe ; qu'il n'y soit jamais fait allusion devant qui que ce soit, mais seulement en confession et en direction, entre vous et elles70. C'est de manière pragmatique, sous la pression des questions qui apparaissent dans les conversations et la correspondance qu'il reçoit, que le serviteur de Dieu propose des évolutions du projet béthanien, tout en restant très ferme sur l'intuition de départ, et en refusant toute évolution qui pervertirait le propos de réhabilitation. En septembre 1866, il récuse fermement la proposition faite par un magistrat de faire fusionner Béthanie avec une uvre que celui-ci projetait de fonder pour recueillir en urgence les femmes arrêtées dans la rue71. En octobre, il propose au conseil provincial de fermer Béthanie plutôt que d'en supprimer le propos d'intégration des réhabilitées dans la vie religieuse. Dans le premier compte-rendu de l'uvre de Béthanie, qu'il fait paraître sans nom d'auteur, selon la demande de ses supérieurs, en novembre 1866, il décrit la manière dont la publication des Réhabilitées a été accueillie, en citant des extraits de la volumineuse correspondance reçue, lettres de prêtres, d'aumôniers de prisons et de refuges, de magistrats, d'avocats, de sympathisants de toutes origines. L'exemple de Mina, la première réhabilitée accueillie à Béthanie, qui ne venait pas de la prison mais d'un refuge, et les appels transmis par de nombreux correspondants ont amené le serviteur de Dieu à proposer une ouverture plus large de Béthanie72. Il n'avait songé primitivement qu'aux femmes sortant de longues peines de prison, dont l'avenir était particulièrement sombre, et dont la conversion avait pu être longuement éprouvée73. Il propose, dans ce compte-rendu, d'ouvrir une nouvelle catégorie, appelée « les enfants », dans laquelle seraient accueillies des détenues dont la conversion est récente ou des femmes qui n'ont pas mérité la prison, mais « qui ont failli cependant devant Dieu et devant les hommes74 ». Cette ouverture plus large des portes de Béthanie inquiète le cardinal Mathieu qui craint qu'elle ne fasse passer la nouvelle communauté dans la catégorie des refuges. Convaincu par la réponse que lui fait le P. Lataste75, le cardinal se réserve néanmoins l'examen au cas par cas de l'accueil d'éventuelles libérées récemment converties parmi les « enfants »76. Au mois de janvier 1867, on trouve encore un signe de la coexistence chez le serviteur de Dieu d'une conviction ferme à propos de l'uvre et d'une grande souplesse pour tirer les leçons de l'expérience qu'apporte chaque étape de la fondation. Répondant, au milieu de beaucoup d'autres sujets, à une question concernant la voix active et passive des réhabilitées devenues religieuses de Béthanie, le P. Lataste écrit à M. Henri-Dominique qu'il n'envisage pas de leur donner la voix passive et qu'il ne leur sera accordé la voix active qu'après un plus long temps de profession que pour les autres surs. Cette restriction montre combien, même pour le serviteur de Dieu, l'accueil d'anciennes détenues dans la vie religieuse était chose nouvelle et presque inquiétante. Le paragraphe suivant éclaire sur l'état d'esprit du P. Lataste : Nous avons cinq ans au moins à passer avant qu'aucune réhabilitée soit sur professe, nous avons donc tout le temps d'y songer et nous entendons garder notre pleine liberté, afin de mieux suivre en cela et la volonté de Dieu et les leçons de l'expérience. Les uvres de Dieu ne se fondent pas a priori et longtemps à l'avance, mais peu à peu, quand Dieu parle, et le plus souvent il ne parle bien clair qu'au moment où on en a le plus besoin. J'ajoute que le projet de nous attaquer77 me laisse sans peur ni trouble. Dieu est visiblement pour nous, et s'il est pour nous, qui sera contre nous78 ? Durant l'été de 1867, la croissance de la communauté rend possible la réalisation de l'un des buts entrevus dès l'origine par le P. Lataste : « que nul regard humain ne puisse plus discerner désormais les anciennes pécheresses de celles qui n'ont pas péché79. » Le fait que deux postulantes converses aient pu être prises pour des réhabilitées par Melle de Saint-Juan le remplit de joie80. Cette confusion nécessaire pour protéger les réhabilitées de la curiosité et du mépris de la part du public est à l'origine d'un principe qui préside à la conception des habits religieux à Béthanie. Le serviteur de Dieu souhaite que les aspirantes (réhabilitées) soient confondues avec les postulantes (religieuses), et que, dans la suite de leur vie, les petites surs (anciennes réhabilitées en route vers la vie religieuse) portent un habit semblable, à une très petite différence près, à celui des surs auxiliaires (religieuses tertiaires chargées des relations avec l'extérieur). Ainsi, celles qui risquent d'attirer le mépris ou la curiosité seront dissimulées parmi les religieuses, et celles-ci pourront dès le postulat prendre part à l'uvre de réhabilitation en acceptant d'être prises pour ce qu'elles ne sont pas. Cette uvre de rédemption sera partagée par les surs auxiliaires, qui auront ainsi part au mérite de l'uvre, alors que leur activité extérieure les maintient loin de la communauté81. Dans cette réflexion du serviteur de Dieu sur les moyens les plus appropriés pour réaliser concrètement l'intuition qu'il a reçue à Cadillac, il faut signaler aussi l'allusion assez laconique que l'on trouve dans une lettre à une future postulante quinze jours après la fondation de Béthanie et qui permet de penser que le serviteur de Dieu songeait à l'éventuelle fondation d'une « maison d'Anne et Marie » pour l'accueil de jeunes filles en danger moral. Le travail demandé par la fondation, puis la maladie et la mort n'ont pas laissé au P. Lataste la possibilité de concrétiser cet autre projet charitable82. L'arrivée des premières surs et des premières réhabilitées.C'est le 30 juin 1866 que se présente la première postulante de chur, Anna Boyer, de Dijon, envoyée par le P. Mas. Il faut souligner, en effet, que les deux aspirantes accueillies par les surs dominicaines de Nancy dans la perspective de la fondation de Béthanie n'ont pas persévéré : le P. Lataste s'en est remis à l'avis des surs qui les « étudiaient » quotidiennement et n'a pas jugé prudent de passer outre leur avis défavorable. J'ai écrit hier au soir à la révérende M. Sainte-Rose. Je lui laisse le soin de décider du sort de nos deux filles. Je ne puis en conscience les accepter, si celles que j'ai chargées d'étudier leur vocation me disent que je ne puis le faire83. Au mois de mai 1867, Béthanie compte douze personnes, dont quatre réhabilitées ; au mois de juillet de la même année, seize personnes dont six réhabilitées. La croissance de la jeune communauté se fait régulièrement, au gré des arrivées des postulantes et des réhabilitées. Ces dernières sont toujours moins nombreuses que les religieuses et les postulantes. Le détail de ces arrivées a été reporté dans les documents présentés à la fin de ce chapitre84. La fête de sainte Marie-Madeleine du 22 juillet 1868 est une date marquante pour Béthanie. C'est un jour de joie, car le P. Lataste donne ce jour-là l'habit de petite sur aux deux premières réhabilitées, selon le cérémonial approuvé par le cardinal Mathieu, en présence de l'aumônier de la centrale d'Auberive et de nombreux prêtres85. C'est aussi un jour de peine, car le serviteur de Dieu est tombé malade à cette occasion, après s'être beaucoup dépensé la veille, par une forte chaleur, pour aller inviter les curés des environs86. En proie à une forte fièvre durant la nuit, il ne peut qu'avec difficulté présider la cérémonie du lendemain. La maladie ne le lâchera plus. L'aumônier de Béthanie.Il est clair que le P. Lataste éprouvait une grande répugnance à se considérer comme le fondateur de Béthanie et qu'il ne lui est jamais venu à l'idée de s'installer à demeure auprès de ses surs pour assurer leur formation. Il éprouvait un trop grand besoin de la vie conventuelle pour lui-même, comme l'atteste, parmi d'autres exemples possibles, ce billet à l'abbé Claudon : Le R. P. Pardieu, qui nous tient lieu de prieur en ce moment, me presse fort de demander à m'installer moi-même comme aumônier de Béthanie de Pâques à l'avent87 ; il me dit que je lui fais l'effet d'une M. qui mettant son enfant au monde le laisserait se tirer d'affaire tout seul, au lieu de veiller de près à ses besoins. M. le curé m'avait déjà parlé dans le même sens88 ; j'avoue que j'y répugnais ; j'aime tant la vie régulière d'un couvent et la vie commune, et j'en ai tant besoin ! Cependant, je poserai la question au P.Minjard89. La publication des Réhabilitées, en mai 1866, entraîne la candidature de plusieurs prêtres qui se proposent comme aumôniers90. Le P. Lataste étudie chaque proposition et demande également au cardinal Mathieu si un prêtre du diocèse pourrait assurer ce ministère91 ; celui-ci suggère que l'on fasse appel à un frère âgé de la province de France92. Diverses démarches ayant aboutit en même temps, il se voit attribuer deux aumôniers au même moment93 : le P. Praquin et le P. Guérittot94. Le premier est un père âgé et malade, dont le P. Saudreau avait déconseillé la venue à Béthanie à cause de son indiscrétion dans le ministère auprès d'autres surs95. Le provincial ayant tranché en faveur du P. Praquin, celui-ci s'installe à Béthanie dans le courant de décembre186696. Très rapidement sa santé le rend incapable de célébrer la messe. Le P. Lataste choisit de ne pas suivre l'avis donné par ses frères qu'il trouve trop sévères97 et reçoit avec soulagement la décision du provincial de donner le P. Guérittot comme aumônier, à la fin du mois de janvier 1867. Il restera un an à ce poste. A l'arrivée du nouvel aumônier, le P. Lataste insiste auprès de M. Henri-Dominique pour qu'on lui laisse entièrement ignorer qu'ils ont été prévenus contre lui avant son arrivée98. Nommé dans un premier temps pour trois mois, afin de se reposer, le P. Guérittot voit sa présence prolongée de trois mois en trois mois jusqu'à la fin de 1867. Le P. Latéaste lui laisse une grande liberté d'action, lui demande de faire des instructions à la communauté, mais est obligé d'être exigeant sur les facilités que se donnait le P. Guérittot pour recevoir en confession des hommes dans sa chambre99 ou de participer à des récréations avec les surs100, car la clôture de Béthanie n'est pas encore assez installée. A la suite du chapitre, se pose un nouveau problème au sujet de l'aumônier, car le provincial demande pour lui une pension de huit cents francs par an. Le serviteur de Dieu ne sait que faire, car il sait qu'un prêtre diocésain coûterait moitié moins cher, mais il souhaite conserver un frère dominicain à Béthanie101. Le provincial maintient sa demande financière, retire le P. Guérittot, et nomme le P. Eveillé-Lagrange102, le 22 janvier 1868, aumônier de Béthanie103 et socius du P. Lataste durant ses séjours à Frasnes. Il le restera jusqu'en avril 1869. De santé psychologique et physique plus solide que son prédécesseur, il pose moins de problèmes au serviteur de Dieu, qui n'a plus avec lui à intervenir pour canaliser des erreurs de discernement. Il est un socius attentif et se montre très fraternel durant la maladie du serviteur de Dieu. La rédaction des constitutions.Très tôt, le P. Lataste a dû se préoccuper de la question des constitutions de Béthanie. Dans la lettre que le P. Jandel lui avait adressée pour lui donner son approbation à la diffusion des Réhabilitées, celui-ci lui avait conseillé de choisir des constitutions d'un ordre déjà existant104. Pour le serviteur de Dieu, il n'y a aucune hésitation, les surs de Béthanie seront dominicaines. Peu à peu, c'est vers les constitutions des congrégations du tiers ordre cloîtré qu'il va porter son intérêt105, car celles-ci permettent à la fois de maintenir le climat d'une communauté contemplative tout en laissant la liberté nécessaire à la pratique d'un apostolat, même interne à la communauté. Dans un premier temps, il cherche à recueillir des renseignements sur diverses congrégations106. C'est au mois d'octobre 1867, après avoir recueilli les premiers enseignements de l'expérience d'un an de vie de la communauté, que le serviteur de Dieu a commencé le travail de rédaction des constitutions avec M. Henri-Dominique107. Profitant de sa prédication de carême à Nîmes, le P. Lataste demande une consultation canonique à l'abbé Ligier, ancien professeur au séminaire de Nîmes108 ; celui-ci lui confirme que presque tous les ordres religieux font du scandale des murs un obstacle à l'entrée dans la vie religieuse, « tant à cause du déshonneur qui pourrait en résulter pour l'Ordre que par crainte des mauvaises murs ». De rares ordres ne font pas cette restriction, comme certains carmels, les chartreux et la Trappe, « qui ne mettent pas d'obstacle à l'entrée dans leurs ordres pour cause de scandale des murs, quand on est moralement certain de la conversion et de la persévérance des personnes qui veulent y entrer. La raison des statuts de ces ordres est qu'étant très austères, ils sont très propres à faire expier les fautes de la vie passée. » Cette réponse confirme l'idée développée dans Les Réhabilitées : la seule possibilité de vie religieuse pour celles qui ont eu un passé marqué par des fautes publiques, est l'entrée dans des formes de vies centrées sur la pénitence109. Dans les derniers mois de sa vie, le serviteur de Dieu consacre le peu de forces qui lui restent à poursuivre la rédaction des constitutions. Pour cela, il s'inspire au maximum de ce qui existe déjà, tout en cherchant à tirer profit de la courte expérience de la communauté. Je m'occupe de rédiger les constitutions de Béthanie et voulant le faire consciencieusement, j'ai dû m'entourer de plus de documents possible. J'ai là sur ma table six ou sept livres que je dois presque tous consulter simultanément et comparer. C'est que les règles du tiers ordre cloîtré ne sont pas parfaitement définies comme celles du Grand Ordre des Pères ou du Grand Ordre des Dominicaines contemplatives, et comme presque toutes les maisons du tiers ordre actuellement existantes s'occupent de pensionnats, nous sommes naturellement obligés d'apporter quelques modifications à leurs usages pour adapter nos constitutions à l'uvre de Béthanie110. En janvier 1869, alors que la maladie l'empêche de célébrer la messe, il dicte à M. Henri-Dominique111. La rédaction des constitutions de Béthanie que le serviteur de Dieu ne put mener à bien avant sa mort a été terminée par le P. Boulanger112. Le P. Jandel, tenait à revoir lui-même113 ce texte que l'on a retrouvé sur sa table de travail lors de sa mort, survenue le 11 décembre 1872. 59 . Lettre du P. Ligiez, socius du P. Jandel, du 18 août 1866, au P. Lataste, reproduite intégralement p. 363 (Orig. A. o.p. Rome). 60 . Lettre du cardinal Mathieu, du 7 août 1866, au P. Lataste. ( Orig. A.D. Bn. ). 61 . Lettre du cardinal Mathieu, du 11 août 1866, au P. Lataste.( Orig. A. D. Bn. ). 62 . Lettre du P. Ligiez, socius du P. Jandel, du 18 août 1866, au P. Lataste, reproduite intégralement p. 363. (Orig. A. o.p. Rome.). 63 . Lettre 346 e, du 25 août 1866, au cardinal Mathieu, reproduite intégralement p. 364. 64 . Il s'agit d'une formule de première profession comprenant les termes « jusqu'à la mort », car le concept de voeux temporaires n'est pas encore entré dans les usages. Depuis 1857, les religieux font cette première profession jusqu'à la mort, mais elle n'est acceptée dans un premier temps que pour trois ans. C'est ce qui explique que M. Henri-Dominique parle de sa profession perpétuelle le 20 novembre 1866, alors qu'elle renouvelle cette profession trois ans plus tard (voir sur cette question la note 4, p. 100); (Orig. A.B.). 65 . Cérémonial de Béthanie, approuvé par le cardinal Mathieu le 15 février 1868 (Orig. A.B.). Les sources de ce cérémonial sont, selon la note jointe par le serviteur de Dieu à l'original présenté au cardinal : le processional et l'antiphonaire de l'Ordre, le cérémonial des moniales de Dax, celui des soeurs du tiers ordre de Langres et de Nancy, le manuel du tiers ordre séculier. Un détail a été emprunté aux usages du monastère de la Pierre-qui-Vire où le serviteur de Dieu a eu l'occasion d'assister à une profession et de voir le profès recouvert d'un drap mortuaire pendant que l'on chantait l'antienne : Eveille-toi, ô toi qui dors... (Orig. A.B.). 66 . Lettre du cardinal Mathieu du 5 février 1868, au P. Lataste (Orig. A. D. Bn.). 67 . Lettre 346 n du 11 février 1868 au cardinal Mathieu. (Orig. A. D. Bn.). 68 . Extrait de la lettre 85 du 28 juin 1866 à M. Henri-Dominique (Orig. A.B.). Il est nécessaire de ne citer que des extraits de ces lettres où le serviteur de Dieu parle aussi bien de vocations potentielles pour Béthanie, des avantages comparés des chemises de laine et de fil, des conditions de vie dans les prisons ou des abîmes de la miséricorde : le ton de cette correspondance avec la fondatrice est celui d'une conversation où chacun passe d'un sujet à l'autre en fonction des questions rencontrées. 69 . Extrait de la lettre 87 du 4 juillet 1866 à M. Henri-Dominique (Orig. A.B.). 70 . Lettre 119 du 23 octobre 1866 à M. Henri-Dominique ( Orig. A.B.). Le reste de cette longue lettre est consacré à la description détaillée de ce qu'il connaît de plusieurs femmes qui sont candidates pour Béthanie. 71 . M. Chauvin, procureur impérial, lettre 356, du 29 septembre 1866, à l'abbé Claudon, et 127, du même jour, à M. Henri-Dominique ; ( Orig. A.B.). - Lettre du 1er décembre 1866 du cardinal Mathieu qui approuve pleinement le refus du P. Lataste de fusionner son oeuvre avec celle du Parquet (Orig. A. D. Bn.). 72 . Sur ce sujet, la lettre 327, du 31 août 1866, à une future postulante, manifeste également le « désir de tendre aux autres âmes tombées la même main secourable ». (Orig. A.B.). 73 . C'est vraiment l'absence de barrière infranchissable dans l'accès à la vie religieuse qui est le propre de la fondation de Béthanie. Le P. Lataste l'avait souligné dans Les Réhabilitées, il le rappelle dans le premier compte-rendu, paru en novembre 1866 : « Nous ne poussons personne à la vie religieuse. Nous n'y voulons que celles-là que Dieu y appelle et qui ont été généreuses à répondre à cet appel ; mais à toutes nous ouvrons cette perspective, jusqu'à ce jour inconnue chez les femmes, de pouvoir, quel que soit leur passé, s'élever graduellement vers Dieu et la vie religieuse, sans que jamais elles rencontrent sous leurs pas une barrière où elles lisent ces paroles décourageantes : C'est assez ! Jusque-là, mais pas plus loin : Entre vous et nous est un abîme infranchissable ; vous avez failli, vous ! restez là-bas ! » - Cette perspective est un stimulant pour elles ; cette possibilité les soutient. Sans doute, toutes n'arriveront pas à la pleine vie religieuse : ce ne sera que le lot des âmes d'élite, du petit nombre par conséquent. Mais toutes sauront que leur seule barrière, c'est l'appel de Dieu et leur volonté. - Que si elles n'atteignent pas jusque-là, du moins elles pourront avancer sur cette route autant que bon leur semblera. » - Primitivement, ainsi que nous l'exposerons dans la petite brochure explicative sur la Maison de Béthanie, nous ne comptions que deux catégories bien distinctes ; les soeurs et les réhabilitées. - Les soeurs. Ce sont ces âmes consacrées à Dieu sous l'habit et la règle du tiers ordre de Saint-Dominique, qui tendent leurs bras aux pauvres Madeleines converties, pour leur donner asile, en attendant, si Dieu le veut, de leur ouvrir leurs rangs. Les réhabilitées, qui sont ces âmes tombées, mais depuis longtemps déjà revenues à Dieu et transformées par sa Grâce » ( § 1 à 6, p. 112), des Ecrits concernant Béthanie ; (Orig.AB.). « 1er compte-rendu à nos bienfaiteurs », novembre 1866, p. 25-26. (Orig. A. B.). 74 . « A ces deux catégories primitives de religieuses et de réhabilitées, pour nous conformer aux désirs qui nous ont été tant de fois manifestés et suivre, en cela aussi, les pensées que Dieu nous avait inspirées à nous-mêmes, nous avons joint une troisième classe, que nous nommons : Nos enfants, parce qu'elles ne font encore que débuter dans la bonne voie, et commencent à peine à y marcher : ce sont, ou les libérées dont la conversion moins ancienne offre moins de garanties, ou de pauvres filles qui n'ont pas mérité la prison, mais qui ont failli cependant devant Dieu et devant les hommes autrefois, et qui maintenant ont formé dans leur coeur le généreux dessein de vivre désormais, sous l'aile de Dieu, à l'écart du monde, pour toujours, plutôt que d'exposer de nouveau leur faiblesse à ses séductions et à ses écueils, et ainsi de se venger de lui, qui les a perdues, en priant pour lui. Puis, quand elles auront donné de leur retour au bien et à la vertu des garanties suffisantes, nos enfants seront admises au milieu de leurs soeurs aînées les réhabilitées, aspirantes, pour remonter comme elles, de degré en degré, vers l'innocence et l'honneur recouvré » (1er compte-rendu à nos bienfaiteurs, novembre 1866, p. 26-27 ; Orig. A.B.). 75 . Lettre 344 bis du 12 décembre 1866 à l'abbé Claudon, reproduite intégralement p. 370 (Orig. A.B.). 76 . Lettre 59 du cardinal Mathieu, du 16 décembre 1866, au P. Lataste : « Mr Claudon m'a communiqué votre lettre. Il est évident que les deux premières catégories que vous indiquez, des personnes qui ont eu de mauvais jours dans leur vie, mais qui touchées de Dieu veulent se consacrer à lui, et de celles qui repenties dans les refuges veulent ensuite se faire religieuses et sont offertes par les refuges mêmes, il est évident que les personnes de ces deux catégories peuvent être reçues par votre maison. Quant à celles qui sortent des prisons et vous sont adressées, sans prendre encore de parti à cet égard, il faut me consulter in specie pour chacun des cas, et si on vous a adressé de suite ces personnes, vous les garderez en attendant ma décision ». (Orig. A.D. Bn.) 77 . Sur ces attaques, voir p. 281 sv et 376 sv. 78 . Lettre 140, du 17 janvier 1867, à mM. Henri-Dominique ( Orig. A.B.). 79 . Les Réhabilitées, p. 3 (voir ici p. 294) 80 . Lettre 292, du 30 juillet 1867, à Melle de Saint-Juan. Au mois d'octobre 1867, le serviteur de Dieu est émerveillé de voir une novice pleurer à l'idée qu'elle pourrait ne jamais être prise pour une réhabilitée (lettre 328, du 17 octobre 1867, à une postulante ; Orig. A.B.). 81 . Lettre 179, du 6 août 1867 à M. Henri-Dominique, reproduite intégralement p. 380 (Orig. A.B.) 82 . Lettre 327, du 31 août 1866, à une future postulante, le texte autographe de cette lettre est en partie corrompu ; (Orig. A.B.). 83 . Lettre 94, du 22 juillet 1866, à M. Henri-Dominique ( Orig. A.B.). 85 . Chronique, Summ. Num. III, p. 148, § 363-364 (Orig. A.B.). 86 . Ibid., p. 147, § 359-362 (Orig. A.B.). 87 . Un tel arrangement avait sans doute pour but de laisser le P. Lataste disponible pour prendre sa part des grandes prédications d'avent et de carême. 88 . Le P. Lataste fait état de ce conseil donné par le curé de Frasnes dans sa lettre 417 g (brouillon 416), du 11 février 1867, au P. Jandel, reproduite partiellement p. 372 (Orig. A.B.). 89 . Large extrait de la lettre 361, du 18 janvier 1867, à l'abbé Claudon ( Orig. A.B.). - Le reste de cette lettre traite de questions d'emploi du temps. - Sur ce sujet, voir l'échange de lettre avec le P. Jandel en février 1867, p. 375 ; le maître de l'Ordre n'ayant pas voulu prendre position sur cette question d'un séjour continu du P. Lataste à Béthanie, le serviteur de Dieu ne cherche pas à poursuivre dans cette direction : « J'ai jugé qu'un séjour continu à Béthanie ne serait bon : Ni pour moi, j'ai besoin de la vie de communauté et d'être sous l'obéissance. Ni pour notre chère petite communauté. Venant de loin en loin, j'ai plus d'influence et d'autorité. Restant toujours là, j'en perdrais une bonne partie, et nous aurions là une action de moins sur ces chères âmes. Ni vis-à-vis de nos postulantes à venir. Le ministère au couvent, outre qu'il me permettra de faire quelque bien, je l'espère, en dehors de l'OEuvre, me donnera aussi le moyen de faire connaître l'OEuvre et de rencontrer peut-être quelques bonnes vocations. Ni vis-à-vis du public de Frasnes et du curé qui pourraient par l'habitude ne pas se gêner assez avec moi. Ni pour nos pères qui s'accoutumeraient peut-être à me regarder comme un étranger qui s'est séparé d'eux volontairement pour se faire son petit nid. J'ai donc transmis la lettre du Rme Père au T. R. P. Minjard en demandant en tout, la valeur de dix semaines par an. Je crois consciencieusement qu'il faut cela, mais que c'est assez. Il m'a répondu que l'affaire serait portée devant la congrégation intermédiaire qui a lieu tous les quatre ans et réglée par elle. Que d'ici là il m'autorisait à aller passer deux fois huit jours à Béthanie, s'il est besoin. La congrégation intermédiaire est fixée au 22 juillet et dure plusieurs jours ; je m'arrangerai donc de façon à aller directement le 23 juillet de Béthanie à Flavigny pour régler tout cela » Lettre 150, du 15 mars 1867, à M. Henri-Dominique, extrait. (Orig. A.B.). 90 . L'abbé Jeannin, aumônier de carmélites qui aimerait se dévouer à une oeuvre de réhabilitation des âmes (lettres 85 du 28 juin 1866 et suivantes) ; un aumônier potentiel présenté par un autre prêtre (lettre 113 du 6 octobre) ; le P. Magnan (lettre 118 du 22 octobre 1866). (Lettres à M. Henri-Dominique ; Orig. A.B.). 91 . Lettre 34 c, du 7 août 1866, et 346 d du 11 août, du P. Lataste au cardinal Mathieu ( Orig. A.B. et A.D. Bn.). 92 . Lettre du cardinal Mathieu, du 1er octobre 1866, au P. Lataste ( Orig. A.D. Bn.). 93 . Lettre 357, du 18 décembre 1866, à l'abbé Claudon (Orig. A.B.). 94 . Le P. Augustin Guérittot est né à Pusey, près de Vesoul, le 15 juillet 1833. Les registres de la province de France ne gardent pas trace de son entrée dans l'Ordre, de sa profession ni de son ordination. Il est assigné à la Sainte-Baume en 1864-1865, puis à Bordeaux. Il semble qu'il lui soit extrêmement difficile de tenir la vie commune, pour des raisons de santé : il réside rarement dans les couvents où il est assigné, et fait plusieurs essais assez brefs comme aumônier de religieuses (Saint-Nicolas, Béthanie) et de moniales (Langres). Après des assignations à Lille (1869), Paris (1870), Langres (1872-1876), Abbeville (1877), Amiens (1878-1892), sa trace se perd. Il ne figure pas au nécrologe de la province, ce qui tend à prouver qu'il a quitté l'Ordre. 95 . Lettre 130 du 6 décembre 1866 à M. Henri-Dominique. La lettre 138 du 8 janvier 1867 fait état d'un conseil équivalent donné par le P. Boulanger (Orig. A.B.). 96 . Chronique, Summ. Num. III, p. 104, § 202-203 (Orig. A.B.). 97 . « Dans le doute, il vaut toujours mieux être trop indulgent que trop sévère puisque notre Seigneur a dit que nous serons jugés comme nous jugeons les autres » ( lettre 139 du 13 janvier 1867, à M. Henri-Dominique ; Orig. A.B.). 98 . Lettre 144, du 17 février 1867, à mM. Henri-Dominique. Dans d'autres lettres, le P. Lataste s'inquiète que l'on fasse en sorte que le P.Guérittot soit heureux à Béthanie (lettres 144 du 17 février 1867 ; 173, du 5 juillet 1867), qu'il ait ce qu'il faut pour le chauffage et la nourriture (lettre 194 du 28 novembre 1867) ; (Orig. A.B.). 99 . Lettre 157, du 30 avril 1867 à M. Henri-Dominique (Orig. A.B.). 100 . Lettres 167, du 21 juin 1867, et 194 du 28 novembre 1867, à M. Henri-Dominique (Orig. A.B.). 101 . Lettre 377, du 4 décembre 1867, à l'abbé Claudon ( Orig. A.B.). 102 . Le P. Jean-Jacques Eveillé-Lagrange est né à Masseube (Gers) le 31 août 1840. Il est entré dans l'Ordre le 10 janvier 1860 et a été ordonné prêtre en 1865, à la suite de ses études théologiques à Saint-Maximin. Assigné à Bordeaux, puis à Abbeville, il arrive à Béthanie le 11 février 1868 ; il assiste le serviteur de Dieu dans ses derniers moments, et quitte Béthanie le 18 avril 1869. Après des assignations à Langres et à Paris, il est envoyé à Saint-Pétersbourg en 1885. Il meurt à Rome le 25 juillet 1925. 103 . Lettre du P. Souaillard du 22 janvier 1868 au P. Lataste (Orig. A.B.) ; lettre 143, du 30 janvier 1867, à M. Henri-Dominique ( Orig. A.B.). 104 . Lettre du P. Jandel, du 7 avril 1866, au P. Lataste, reproduite en tête de la version publique des Réhabilitées (voir p. 291. ; Orig. A. o.p. Rome). 105 . « Je suis heureux d'apprendre que nos constitutions du tiers ordre vous semblent compatibles avec les santés même délicates ; inutile dès lors de chercher ailleurs » lettre 85, du 28 juin 1866, à M. Henri-Dominique ; ( Orig. A.B.). 106 . Il demande à M. Henri-Dominique de copier les constitutions des dominicaines de Nancy, et il étudie les constitutions des dominicaines de Châlon et celles des moniales de Prouille (lettre 86, du 2 juillet 1866 à M. Henri-Dominique).(Orig. A.B.). Dans le même temps, il demande à l'un de ses novices, le frère Jouin, de s'enquérir auprès de à sa M. qui avait beaucoup soutenu la fondation des soeurs servantes des pauvres d'Angers, par un moine de Solesmes. « Un jour, il écrit à sa mère : "Mon père maître, le R. P. Lataste, t'envoie par le même courrier un mémoire concernant une oeuvre qu'il va fonder sous la protection de notre Ordre. Il a prié et fait prier publiquement pour le succès de ton oeuvre de prédilection, et il te demande de prier et de faire prier pour qu'il réussisse. Le champ du Seigneur est vaste. L'arène dans laquelle peuvent se dépenser tous les dévouements et se développer toutes les inspirations chrétiennes n'a de limites que celles posées par l'égoïsme ou la tiédeur. Je suis donc assuré, chère petite mère, que tu ne seras pas jalouse et que tu te rendras aux désirs du père et au mien. Au surplus, les oeuvres que tous les deux vous souhaitez de voir s'établir n'ont rien de semblable. Leur but diffère. Mais j'attends de toi plus que des prières. Je te demande, au nom du P. Lataste, que tu veuilles bien me dire ce que tu penses de son projet. Tu connais le monde, ses besoins, ses misères, ce qu'il peut suggérer à la charité ; je désire que tu me dises quels sont à ton point de vue les chances de succès ou les obstacles que rencontrera cette oeuvre. Bien que tu aies les prémices du mémoire que vient de rédiger mon père maître, tu peux le communiquer autour de toi, car, sous peu de jours, il en sera répandu de nombreux exemplaires par toute la France." L'oeuvre dont s'occupe ici le frère Augustin est celle des Réhabilitées. Si audacieuse qu'elle parut à l'origine, elle est aujourd'hui florissante et compte de nombreuses maisons, dirigées par des religieuses dominicaines. A diverses reprises, le P. Jouin aura l'occasion d'évangéliser plus tard les jeunes femmes désabusées du monde, et réfugiées sous le regard de Dieu, qui laissa tomber les paroles du pardon sur le front de Marie-Madeleine humiliée et repentante. Une phrase de la lettre que nous venons de transcrire a besoin d'être expliquée. Le frère Augustin y fait allusion à une oeuvre charitable dont sa M. paraît avoir eu l'initiative. Cette oeuvre s'appelle aujourd'hui la congrégation des Servantes des pauvres. Soigner gratuitement les indigents à domicile, tel est le but de cet institut modeste, éminemment utile. Un religieux bénédictin en a été trente ans le supérieur » h. jouin, Le Révérend Père Auguste Jouin, des Frères prêcheurs, Paris, Lethielleux, 1909, p. 174-175). 107 . Chronique du 24 octobre 1867, Summ. Num. III, p. 131, § 302 ( Orig. A.B.). 108 . Réponse de l'abbé Ligier, lettre 144, du 1er avril 1868. (Orig. A.B.). 109 . Les Réhabilitées, p. 31, voir ici p. 307. 110 . Lettre 68, du 23 novembre 1868, à son frère Emile. Le reste de la lettre contient des nouvelles de sa santé et des commentaires sur le fait que l'un de ses neveux, Fernand, a été examiné à l'entrée de Polytechnique par un ami et bienfaiteur de Béthanie, M. Transon, ( Orig. A.B.). 111 . Chronique du 20 janvier 1869, Summ. Num. XVIII, p. 349, § 45, (Orig. A.B.). 112 . Le serviteur de Dieu a pu rédiger les têtes de chapitres, les articles et paragraphes des deux premières distinctions, sauf les chapitres sur le travail, les malades et les voeux qui seront rédigés par le P. Boulanger. Le texte sur l'administration est de la main de M. Henri-Dominique, (Orig. A.B.). 113 . Lettre de M. Henri-Dominique, du 27 juin 1869,au père Souaillard, (Orig. A. o.p. Paris.). |
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