|
  
Document 8. Lettre du P. Saudreau à M. Henri-Dominique, du 18 juillet 1866, (Orig. A. B.)
Cette lettre répond aux réactions de la congrégation de la Présentation de Tours au choix fait par M. Henri-Dominique. Elle montre que le P. Saudreau ne se pose pas de problèmes de conscience à propos de la licéité de la prise d'habit de Sète.
Toulouse, le 18 juillet 1866.
Chère enfant,
Quand on vous blâme d'avoir quitté comme vous l'avez fait, on oublie deux choses :
1. que vous aviez le droit strict d'entrer dans une communauté cloîtrée et
2. que vous étiez dans l'impossibilité d'obtenir la permission de vos supérieures. Donc soyez sans inquiétude sur ce point.
Quant à votre prise d'habit, elle est valide si Mgr de Montpellier a donné au supérieur de Sète le pouvoir de recevoir qui bon lui semble et d'accorder les dispenses nécessaires. Or, c'est ce qu'il a fait, puisque le conseil de Sète recoit les sujets qu'il veut sans recourir à sa Grandeur. Il est vrai que l'évêque du lieu dans lequel vous fonderez a seul le droit de vous reconnaître comme religieuse dominicaine et de recevoir votre profession. Ce qui se fera sans difficultés.
Vous faites bien de penser à toutes les difficultés que vous rencontrerez dans l'accomplissement de votre projet et la fondation d'une uvre si importante ; mais que toutes ces considérations vous inspirent une plus grande confiance en Dieu, un plus parfait abandon à sa Volonté, un plus généreux amour du sacrifice et une résolution plus inébranlable de vous consacrer à une uvre que son cur a certainement inspirée.
Je vous souhaite de pouvoir réunir votre petit bataillon dans la maison de nos surs du diocèse de Dijon et de vous préparer là dans le silence et la prière à la grande mission que vous aurez à remplir. Répétez-vous souvent ce mot que vous m'écriviez : « reculer serait une lâcheté ». Vos dispositions actuelles vous sont une claire révélation des desseins de Dieu sur vous, soyez-en toute heureuse. Je suis bien content de voir que tous vos vrais amis vous soutiennent dans la voie que vous avez embrassée. Donc, chère enfant, confiance et persévérance, Dieu est avec vous. La croix avec lui c'est sur cette terre le paradis des grandes âmes, que ce soit le vôtre.
Votre frère A. V. Saudreau.
Soyez bénie et sainte.
   
|