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Document 10. Lettre du P. Ligiez, socius du P. Jandel, au P. Lataste, du 18 août 1866, (Orig. A. B.).
Cette lettre est une réponse à la demande adressée par le P. Lataste au P. Jandel d'accepter d'être le supérieur de Béthanie, l'archevêque de Besançon ayant refusé cette charge. Le maître général des Prêcheurs, malade, fait répondre par son socius. Ce texte montre bien la difficulté dans laquelle se trouve le serviteur de Dieu : la fondation a été faite, avec l'approbation des deux supérieurs, l'ordinaire et le maître de l'Ordre, mais aucun des deux n'accepte d'en porter la responsabilité. La lettre est également un signe de la confiance que le P. Jandel éprouve pour le serviteur de Dieu.
Rome, le 18 août 1866.
Mon Révérend Père,
Le Rme P. général, retenu au lit par un mal de pied, me charge de répondre à votre lettre datée de Frasnes et de vous dire de sa part que vous lui proposez une chose impossible à plusieurs titres en lui offrant la supériorité immédiate de votre fondation :
1. LeSaint-Siège ne consentirait pas à poser ce précédent en France, où toutes les communautés de femmes dépendent des ordinaires, ce qui du reste n'est pas rare en Italie ;
2. Si cet arrangement plaît au titulaire actuel du siège de Besançon, il pourrait fort bien n'être pas du goût de son successeur ;
3. Cette uvre est trop délicate et sujette à trop de complications qui nécessitent une intervention de tous les instants pour que le Rme P. général puisse s'en charger à pareille distance. Le mieux est donc que vous laissiez cette maison sous la juridiction de l'ordinaire.
Le Rme P. général est bien de l'avis que la clôture y soit établie le plus promptement et le plus étroitement que faire se pourra ; et il donne les mains d'avance pour ce qui le concerne au choix d'un aumônier pour lequel il vous renvoie au T. R. P. provincial. La province ne manque pas de religieux à qui cette position puisse convenir v.q. le R. P. Guérittot est rendu à sa liberté, le P. Paris aussi, le P. Hiss ne serait peut-être pas éloigné lui-même d'accepter le poste. Faites donc pour le mieux de concert avec ceux que cela concerne ; et Dieu veuille faire croître le petit grain que vous plantez pour sa gloire.
A Dieu, mon Révérend Père.
Le Rme qui approuve fort qu'à votre âge et avec votre activité, vous ne vous concentriez pas dans ce petit coin, vous envoie sa bénédiction à laquelle je vous prie de permettre que je joigne l'expression du plus fraternel dévouement en N. S. et S. D.
fr. Vt. Ligiez
des ff. Prêch.
   
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