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Michel Van Aerde op | ![]() |
EPILOGUEQuand Dieu est là où je l'attends, c'est l'idole : Dieu est celui qui nous surprend. Abraham part sans savoir où il va, Moïse est dérouté par un buisson qui brûle sans se consumer. Faut-il penser que Dieu est tellement Autre, qu'il est toujours ailleurs ? Ce serait trop facile ! Il est aussi au cur, à l'intime. Il est surtout relation. Celle qui altère et qui désaltère, qui suscite et ressuscite. Il est Amour, c'est à dire communion. Communauté de personnes, unité qui n'est pas fusion. Don de soi et don de se donner. Parfaite réciprocité. Il ne garde rien pour lui, pas même sa divinité. « Il ne retint pas jalousement le rang qui l'égalait à Dieu.255 » Ainsi le vrai Dieu est pour l'homme, depuis Adam jusqu'à aujourd'hui, tout le contraire d'un rival : il est son ami. Les rôles sont inversés ! Comme en un jeu immense et tragique, les premiers sont les derniers et les derniers sont les premiers. Qui perd gagne et ceux qui voient deviennent aveugles. Car Dieu se fait enfant, nous enseigne comment vivre en hommes et meurt comme un réprouvé. Dans le corps à corps de l'homme et de Dieu, Dieu est vaincu0. Il est faible et vulnérable : il est amoureux ! Une question brûlante m'habite, en concluant : pourquoi donc reste-t-il si difficile de se jeter totalement dans le feu du Dieu vivant ? *** « Solo Dios basta... Pero no basta un Dios solo.» 0 Gn 32, 29 : "On ne t'appellera plus Jacob mais Israël, car tu as été fort contre Dieu..." 1 Benjamín G.B., La utopía está en lo germinal,Ed. MSC, 1998 |
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La Thune, Marseille, 2001, 195 p.
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